Entamée pour réclamer les primes et la revalorisation de l’indice référentiel de base, la grève des fonctionnaires a été un flop.
La grève de 72h lancée ce mardi par les syndicats du secteur de la fonction publique, a été très peu suivie dans la capitale économique. La plupart des établissements scolaires et sanitaires ont fonctionné. Il n’y a que dans quelques localités comme Bouaké, Divo et Djékoué que le mot d’ordre a été respecté. Selon Gnagna Zadi Théodore, président de la Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public, cette grève de la Coalition des syndicats du secteur santé et le collectif des enseignants, ne rencontre pas l’assentiment de tous. « Nous avons eu une rencontre la veille, pour expliquer aux uns et aux autres de privilégier d’abord le dialogue. Pour diverses raisons, beaucoup n’ont pas écouté. Nous espérons que les autorités seront clémentes envers nos camarades », a indiqué ce mardi Gnagna Zadi, également président de la Centrale Plateforme nationale des organisations professionnelles du secteur public et privé. D’après lui, les négociations avec le gouvernement se poursuivront après les 72h de grève. Mais il faut craindre des ponctions de salaires.
Mugefci
Pour sa part, Jérôme Ourizalé, secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (Saeppci), parle de lutte de leadership. A l’entendre, les syndicats regroupés en collectif ne parviennent pas à s’entendre sur la marche à tenir, parce que chacun veut se positionner, à cause des élections pour la Mutuelle générale des fonctionnaires de Côte d’Ivoire (Mugefci), prévues pour novembre 2025. Il faut montrer sa force de frappe. Les revendications pour la prime d’incitation et la revalorisation de l’indice référentiel de base, sont une bonne occasion. « Chacun veut montrer sa capacité à mobiliser. Or, parmi nous, beaucoup veulent aller à la table de discussion. Le Gouvernement est disposé à négocier avec nous et l’a démontré. Certains insistent, hélas, pour aller à la grève. Voilà pourquoi le mot d’ordre n’a pas été suivi », a fait savoir M. Ourizalé. Des syndicats importants tels que le Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (Midd) et la Coordination des syndicats du secteur santé (Coordisanté), n’ont pas respecté le mouvement. Au ministère de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, on estime que cette grève ratée, a fragilisé les syndicats. Et on les attend au tournant.
Georges Dagou
