Malgré la subvention de la transplantation, les Ivoiriens hésitent à donner leurs reins.
En Côte d’Ivoire, ce sont 12 000 cas de malades du rein qui sont enregistrés chaque année. Avec la démographie grimpante et le dépistage, ce nombre continuera de croître. L’une des solutions apportées par le gouvernement a été de subventionner la transplantation du rein dans le pays. Entre 13 et 14 millions FCFA, cette opération est passée à 3 millions F.
Étendre les donneurs
Selon Dr Kouadio César Auguste Godo, président de l’Association ivoirienne des dialysés et insuffisants rénaux (AIDIR), il s’agit d’une avancée importante. Hélas, note-t-il, la rigidité de la législation empêche d’étendre les donneurs. « Seul un membre de la famille doit être donneur, en Côte d’Ivoire. Mais, les proches ont peur de donner un rein à un malade. Ils ignorent qu’on peut vivre avec un rein. Il faut communiquer là-dessus. J’ai perdu un rein en 93. J’ai vécu pendant 27 ans avec un seul rein », a expliqué ce mercredi Dr Kouadio César Auguste Godo à nordsud.info. À l’entendre, ceux qui sont prêts pour la transplantation ne trouvent pas de donneur à cause de ce frein. « Nous travaillons pour que la législation puisse nous permettre d’étendre les donneurs », a ajouté le président de l’AIDIR.
Pour l’heure, l’ouverture des centres de dialyse de San Pedro, de Daloa, de Man, d’Abengourou ainsi que l’ouverture d’un deuxième centre à Yamoussoukro et Bouaké, ont permis de décongestionner Abidjan. Cela a aussi permis, selon lui, la réduction de la mortalité chez les insuffisants rénaux de 50%. Autre avancée : la liste de personnes prises en charge qui est passée d’environ 500 à 1004 malades.
Une unité de soins intensifs a été ouverte au centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody et au CHU de Treichville. En cas d’urgence pour les malades, ils y sont emmenés. La séance est de 35 000 FCFA. Au lieu de 80 à 100 000 FCFA dans le privé.
Raphaël Tanoh
