Jean-Yves Abonga : « Ce que le nouveau statut de la Fonction publique va apporter»

par NORDSUD
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Dans cet entretien,  Jean-Yves Abonga, Président de la Centrale Intersyndicale des travailleurs de Côte d’Ivoire (ITCI) revient sur le nouveau statut général de la Fonction publique.

Jeudi dernier, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration a procédé à la présentation du nouveau statut général de la fonction publique au Palais de la culture. Comment votre organisation syndicale accueille ce nouveau document ?

Au niveau de la Central Intersyndicale des travailleurs de Côte d’Ivoire (ITCI) que j’ai l’honneur de présider, nous accueillons ce nouveau statut général de la fonction publique avec beaucoup de satisfaction. Car il a été le fruit, depuis 2018, d’un long processus inclusif qui a permis aux organisations syndicales d’apporter leurs contributions significatives. C’est le lieu de remercier le Gouvernement et en particulier Madame le ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, qui a associé la Centrale ITCI à toutes les étapes de l’adoption de ce texte. Et remercier aussi l’ensemble des fonctionnaires de Côte d’Ivoire qui suivait avec beaucoup d’intérêt le processus en faisant confiance aux leaders syndicaux, convaincus qu’ils sont que nous défendront leurs intérêts.

 En tant que leader syndical,  quelles sont les innovations apportées par ce nouveau texte régissant la Fonction publique ?

Innovations oui mais il est intéressant de parler de réformes. La loi 2023-892 du 23 novembre 2023 portant statut général de la Fonction publique a apporté diverses réformes sur lesquels madame le ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration est largement revenue jeudi dernier lors de la présentation du document au Palais de la culture. En tant que responsable syndical, je vais m’appesantir sur les réformes concernant les droits sociaux accordés aux fonctionnaires. On peut citer la prise en compte de l’indemnité contributive aux logements comme cinquième élément constitutif du salaire, la mobilité professionnelle, le congé parental qui est un droit nouveau ainsi que la visite médicale annuelle de contrôle. La présente loi  accorde aussi une protection ainsi qu’une décharge partielle de travail aux responsables syndicaux pour l’exercice de leurs activités syndicales (article 26). En somme, le nouveau statut accorde des avantages sociaux aux fonctionnaires et prend en compte bon nombre de leurs préoccupations.

 Ces réformes représentent-elles pour vous des avancées?

C’est une avancée notable dans la mesure où comme je le disais tantôt, la loi prend en compte les préoccupations des fonctionnaires. Voyez-vous, la loi de 1992 était confuse sur le congé maladie. La nouvelle loi vient distinguer la notion de congé maladie de courte durée et le congé maladie de longue durée. Au terme d’un congé de maladie de longue durée de 36 mois, le fonctionnaire peut bénéficier d’une reconversion dans un autre emploi adapté à sa nouvelle condition physique ou mentale (articles 90 et 92). Ce sont des avantages sociaux à saluer. Nous croyons que ces réformes dans leur globalité permettront aux fonctionnaires de bénéficier de meilleures conditions de travail et de vie.

Quel message lancez-vous aux fonctionnaires relativement à ce nouveau statut général de la Fonction publique

Je lance un appel à tous les fonctionnaires de s’approprier ce nouveau statut général de la Fonction publique par sa lecture attentive et approfondie. Il est bon pour un fonctionnaire de connaître ses droits mais aussi ses devoirs. Dans nos formations syndicales,  on s’évertue à le dire à nos militants. Quand un fonctionnaire connait ses droits et devoirs, il est mieux protégé dans l’exercice de son travail parce qu’il sait ce qu’il a à faire et ce à quoi il a droit.

Concernant la trêve sociale signée avec le Gouvernement le lundi 08 août 2022, quel bilan partiel dressez-vous

Les 31 janvier et 1er février 2024, les organisations syndicales et les membres de l’administration publique, se sont retrouvés au cours d’un séminaire à l’École normale d’administration (ENA) pour faire une évaluation de la trêve sociale. Les diagnostics ont été faits. Des pistes de solutions ont été dégagées. Par exemple, la notion de la trêve sociale est incomprise par une bonne frange de la population des fonctionnaires de Côte d’Ivoire.  Au niveau des comités sectoriels de dialogue social, les choses traînent dans certains ministères. Que faire? Nous espérons que les pistes de solutions qui ont été dégagées seront mises en œuvre pour que toutes les parties prenantes jouent véritablement leur rôle pour une trêve sociale réussie. Je remercie le Gouvernement pour la prise en compte de nos préoccupations et autres récriminations des fonctionnaires de Côte d’Ivoire à travers l’adoption de ce nouveau statut général de la fonction publique. Toutefois, beaucoup reste à faire. Il serait bienséant que la matrice d’actions réalisée d’un commun accord soit exécutée. J’invite les fonctionnaires à bien lire ce document qui est dorénavant la boussole de leur carrière professionnelle. Ils doivent se l’approprier. J’invite l’ensemble des camarades fonctionnaires, des travailleurs du privé et du secteur informel à continuer de nous faire confiance tout en demeurant à l’écoute des différentes Centrales syndicales qui s’évertuent à implémenter un nouveau paradigme dans la sphère syndicale en Côte d’Ivoire, lequel paradigme nous permet de glaner des lauriers et autres progrès sociaux dans le court, moyen et long terme. 

Georges Dagou avec correspondance particulière

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