Kadio Claude (OPEECI): « Pourquoi les enseignants n’aiment plus leur métier »

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 116 vues

Kadio Claude est un enseignant à la retraite et le président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). Dans cet entretien, il revient sur la grève des enseignants.

Depuis la semaine dernière,  les enseignants ont suspendu leur grève visant à réclamer les primes. Avec la dissolution des faitières scolaires, vous devenez l’unique porte-voix des élèves. Pour vous, la grève aura-t-elle une incidence sur leur rendement ?

Forcément. Cette grève a paralysé l’école pendant 5 jours, au total. Cela a perturbé certains cours importants à ce moment de l’année. Surtout, pour les élèves en classe d’examen. La seule façon d’y remédier est de rattraper ces cours perdus, dans l’immédiat.

Croyez-vous que ce sera fait ?

Avec les négociations entre les enseignants et le gouvernement, nous l’espérons. Sinon, ce seront les élèves qui en pâtiront une fois de plus. Déjà que leur faible niveau est constamment pointé du doigt, ce type de situation vient rabaisser encore plus la qualité de l’enseignement dans nos écoles.

À lire également: Les enseignants demandent le reversement des salaires suspendus et la libération d’Assi   

Vous êtes également un enseignant à la retraite, pensez-vous que ce soit le souci des enseignants d’aujourd’hui d’améliorer la qualité de l’école ?

Nous pensons que l’amour du métier d’enseignant a disparu. Les gens viennent dans l’enseignement par nécessité plutôt que par passion. Malheureusement, cette situation déteint sur le niveau des élèves et entraîne de nombreuses grèves dans nos établissements.

Que faut-il faire à votre avis pour changer cela ?

Difficile à dire. À notre époque, après les diplômes, il y avait une panoplie d’emplois qui s’offraient à nous. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Faute de boulot, les étudiants se rabattent sur les concours de police et ceux de l’enseignement. Ils y viennent dans le but de gagner un peu d’argent et passer à autre chose. C’est donc une question de mentalité et de génération.

En tant qu’enseignant à la retraite, trouvez-vous que ceux d’aujourd’hui revendiquent trop, alors qu’ils font partie de ceux qui ont eu plus de faveurs ces dernières années?

Effectivement, les enseignants d’aujourd’hui revendiquent trop. Cela s’explique par la cherté de la vie et le sentiment pour eux qu’ils méritent plus, avec le nombre pléthorique d’élèves qu’ils doivent gérer. Mais, c’est aussi dû à ce que je viens de dire. Ils n’aiment pas leur métier. Le moindre effort leur paraît colossal et ils veulent être payés en conséquence.

Beaucoup rassurent que la prime sera leur dernière revendication à caractère financière, le croyez-vous ?

L’argent n’a jamais suffi. Les enseignants aujourd’hui sont mieux traités qu’à notre époque, mais ce sont eux qui revendiquent le plus. C’est surtout une question de gestion. Il y a une éducation financière à faire dans nos écoles. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), a formé récemment des formateurs, qui vont former à leur tour des agents sur l’éducation financière. C’est très important. Si tu ne peux pas gérer tes fonds, tu seras toujours pauvre. Et je pense que cela manque à cette génération d’enseignants trop envieux des autres.  

Entretien réalisé par RT

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