Kadio Claude est le président des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (OPEECI). Il aborde dans cet entretien, les obstacles liés à la distribution des kits scolaires malgré la décision de l’Éducation nationale d’améliorer les choses. Sans langue de bois.
La Ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation a donné jusqu’au 9 novembre pour terminer la distribution des 4 millions de kits scolaires aux élèves du préscolaire et du CP. Est-ce une exigence tenable ?
En tant que parents d’élèves, nous disons d’abord que sa décision est à saluer. Elle est consécutive à un séminaire que nous avons tenu l’année dernière à Yamoussoukro, sur les nombreux retards accusés dans la distribution des kits scolaires. Pour ce qui est du délai, il est tenable. Normalement, deux mois, c’est largement suffisant pour distribuer les kits.
Quels sont vos premiers constats sur le terrain, deux semaines après la rentrée scolaire ?
La distribution des kits a bien démarré. L’OPEECI a 27 sections éclatées sur l’ensemble du territoire national. Maintenant, quant à la rapidité dans cette distribution, il est difficile d’en juger. Ce que nous avions préconisé, c’est que la distribution démarre toujours, une à deux semaines, avant la rentrée des classes.
Pourquoi ?
Parce qu’une distribution qui débute le jour même de la rentrée des classes, sous-entend que les élèves ne pourront pas faire cours dès les premières semaines. Beaucoup devront attendre un à deux mois avant de recevoir leurs kits scolaires. Pendant ce temps, qu’est-ce qu’ils font en classe ? La ministre a donné la date du 9 novembre pour terminer la distribution des kits, mais nous serons déjà à un mois de la fin du premier trimestre. Bien que nous saluions cela, c’est quand même un peu tard. La proposition des parents d’élèves, est de faire en sorte qu’à partir de la première semaine, tous les élèves puissent avoir leurs kits scolaires.
Cela est-il possible ?
Oui, en confiant les lots à chaque Direction régionale de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (Drena). Nous avons 41 Directions régionales. Chacune n’aura qu’à organiser la distribution dans sa région. Les conseillers régionaux sont impliqués, les Mairies également. Le kit est l’outil de l’élève. Sans cela, il ne peut pas suivre les cours en classe.
Est-ce que tous les parents d’élèves attendent vraiment cela pour que leurs enfants débutent les cours ?
Les années passées, il fallait attendre souvent jusqu’en décembre pour pouvoir recevoir les kits scolaires. C’est-à-dire, à la fin du premier trimestre. Mais un parent consciencieux ne peut pas attendre que son enfant reçoive les kits gratuits, avant de démarrer l’année. Lorsque les kits arrivent, les enfants ont déjà leurs manuels. Donc, ils ne servent plus à rien. Pour donner du sens à ces fournitures gratuites, il faut qu’elles arrivent tôt.
Même en débutant la distribution des kits le jour de la rentrée, on peut tout de même achever la distribution plus tôt….
Oui. Seulement, acheminer les lots d’une zone à une autre représente trop de lourdeurs, sur le plan administratif et sur le plan logistique. Nous savons même que certains responsables de Drena préféraient garder par devers eux les kits, au lieu de les distribuer.
Mais ces kits ne peuvent être vendus, à cause du sceau apposé là-dessus…
Nous ignorons ce qu’ils en font. Toujours est-il que les fournitures scolaires restent avec eux.
Tous ces désagréments qui bloquent la distribution des kits, peuvent-ils être effacés cette année ?
Progressivement, nous pouvons y parvenir. Cette année, la ministre a donné la date du 9 novembre comme date limite de la fin de la distribution. Voyons d’abord ce que cela va donner.
La politique des kits gratuits a-t-elle un avenir ?
Oui. Parce que les kits sont de plus en plus consistants. Avant, on n’avait qu’un cahier, quelques stylos et crayons. Aujourd’hui, les kits sont dotés de plusieurs livres au programme scolaire. Cela soulage les parents.
Interview réalisée par Georges DAGOU
