Kouamé Bertoni (Cosefci): «Rapport Pasec: pourquoi le niveau des élèves a baissé»

par NORDSUD
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Le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la confemen (Pasec) a publié  sur son site, le 25 janvier dernier, son dernier rapport  qui a porté sur 10 pays d’Afrique subsaharienne francophone, à savoir : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Niger, Sénégal, Tchad et Togo. Le document a étudié, entre autres, le niveau de connaissances, les compétences, les aptitudes de l’élève, l’échelle de compétences enseignants. Les scores attribués à la Côte d’Ivoire dans certains domaines clés sont très bas. Dans cet entretien, le porte-parole de la Coalition des syndicats du secteur éducation formation de Côte d’Ivoire (Cosefci) analyse la situation.

Le dernier rapport du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la confemen (Pasec) accable la Côte d’Ivoire. Notamment dans son indice, scores moyens nationaux en mathématiques où la Côte d’Ivoire est classée avant dernière

Nous avons lu le rapport. Il vient confirmer ce que nous avons toujours dénoncé. À savoir que le système éducatif ivoirien est malade. L’une de nos revendications a toujours été la suppression des cours le mercredi. On nous a répondu à chaque fois que ces cours sont là pour améliorer la qualité de nos enfants. On nous a aussi dit que ces cours sont venus améliorer le niveau des enfants en mathématiques et en lecture. D’après ce que nous voyons, c’est le contraire qui s’est produit.

Attribuez-vous le faible niveau relevé par le rapport du Pasec au cours le mercredi ?

Nous disons simplement que ces cours n’ont pas amélioré les choses. Au contraire, cela les a empirées. Aujourd’hui, il faut être réalistes en les supprimant purement et simplement.

En quoi les cours le mercredi auraient rabaissé le niveau des enfants ?

Parce qu’ils surchargent nos enfants qui deviennent moins productifs. On a vu comment cela a bouleversé les emplois du temps et posait d’énormes difficultés dans l’apprentissage. Il faut définir un objectif clair à atteindre dans le système éducatif ivoirien. Nous n’arrivons pas à le faire depuis de nombreuses années. Et cela perturbe nos enfants.

On accuse souvent les enseignants de concourir au faible niveau des élèves à l’école

Les enseignants n’y sont pour rien. C’est plutôt le profil pédagogique qu’il faut revoir. On nous a d’abord parlé de formation par objectifs. Ensuite, on nous a dit que ce n’était pas le bon et qu’il fallait plutôt faire la formation par compétences. Mais en réalité, la formation par compétences ne veut rien dire. On doit plutôt parler de formation avec la compétence. Qu’est-ce que c’est ? Il faut faire en sorte que l’enfant, même s’il ne réussit pas à l’école, puisse faire un métier à l’avenir. Il faut pour cela s’appuyer sur les qualités intrinsèques de l’élève à l’école et les valoriser, plutôt que de lui faire apprendre des choses qui ne lui serviront à rien. Il y a trop d’expérimentation à l’école. On fait du copier-coller sans que cela donne forcement des résultats.

Le faible niveau des enseignants n’est-il pas également un problème ?

C’est vrai que c’est un problème. À ce niveau, nous avons toujours demandé que le niveau de recrutement des enseignants soit revu à la hausse. Pour cela, par exemple, la Cosefci a exigé la suppression du concours des instituteurs adjoints. Le Bepc d’aujourd’hui n’est pas le Bepc d’hier.

Que proposez-vous comme solution pour améliorer le niveau des élèves à l’école ?

Il faut trouver une solution à tous les problèmes que je viens d’évoquer. Les réformes que nous avons apporté à l’école pour soigner les maux qui la minent, n’ont rien apporté. Il faut donc revoir notre copie et revenir aux fondamentaux.

Réalisé par Raphaël Tanoh

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