Le climat n’aura pas été clément en Côte d’Ivoire particulièrement depuis le début de la seconde semaine du mois de Février. Une vague de chaleur marquée par des températures caniculaires s’abat en effet sur la ville d’Abidjan et les localités de l’intérieur. Selon la Société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique en Côte d’Ivoire (Sodexam), des zones du nord, du sud et du littoral ont enregistré des « températures maximales moyennes atteignant 36°C, supérieures à la moyenne de 33°C ».Selon les chiffres de la société, la température moyenne en Côte d’Ivoire a connu « une hausse de +1,1°Cpar rapport à la moyenne de 26,8°C qui a été enregistrée pour les mois de janvier et de février 2024 » Les indicateurs révèlent également une baisse des pluies avec des déficits pluviométriques atteignant 13% en Janvier 2024.
Pourquoi le mercure monte ?
En guise d’explication, la Sodexam a fait une piqure de rappel sur une alerte lancée quatre mois en arrière. « A travers une note d’information diffusée en octobre 2023, la Sodexam avait donné l’alerte sur le phénomène El Nino, caractérisé par des possibles impacts. De 2023 à 2024, ce phénomène affecterait la Côte d’Ivoire par : Des déficits pluviométriques prononcés ; Des vagues de chaleur ; Des feux de brousses non contrôlés pendant la saison sèche ; L’amenuisement des ressources en eau. Depuis quelques semaines, les vagues de chaleur, les déficits pluviométriques annoncés se font de plus en plus sentir », explique la note consultée par nordsud.info.
Un mois de Mars encore plus chaud
A en croire la note, les ivoiriens devraient s’attendre à un mois de Mars on ne peut plus chaud d’autant que ce mois,qualifié à l’accoutumé de mois le plus chaud du climat ivoirien n’échappera pas aux effets du phénomène. « Ces impacts du phénomène El Nino vont s’étendre au mois de mars 2024 qui enregistre le pic de chaleur en Côte d’Ivoire ». Le phénomène El nino, à l’origine des pics de chaleurs enregistrés en Côte d’Ivoire est la conséquence des « forts rayonnements solaires, et de la forte remontée des vents humides de façon précoce ». Aux nombres des facteurs de ce phénomène climatique, figure également le fait que «, les vents de mousson censés ramener sur le Sud de la Côte d’Ivoire des vents relativement froids, venant de l’Océan Atlantique pour adoucir les températures, sont relativement chauds ».
A température exceptionnelle, mesures exceptionnelles
Pour parer à ces conditions climatiques inhabituelles, la SODEXAM joue la carte de la prévention. « Nous sommes dans une période d’inconfort qui peut entrainer de la déshydratation, de l’hyperthermie et des coups de chaleur pour les personnes sensibles (souffrant de maladies de peaux, les enfants et les personnes âgées). Par conséquent, il est conseillé de : ne pas trop s’exposer à l’air ambiant ; s’hydrater convenablement ; protéger les personnes vulnérables : personnes âgées, enfants ; suivre régulièrement les informations météorologiques quotidiennes afin d’avoir les prévisions de températures en temps réel ».Le Phénomène El Nino a d’ores et déjà causé des vagues de chaleurs records en Côte d’Ivoire telle que celle de 2021, l’année la plus chaude de l’histoire de la Côte d’Ivoire, 2010, seconde année la plus chaude et 2018, troisième année la plus chaude. « Pour cette année 2024, le mois de janvier est le 3ème mois le plus chaud derrière celui de 2019 (classé 1er) et celui de 2017 (2ème). Le mois de février 2024 s’annonce également être l’un des mois les plus chauds », révèle la SODEXAM.
Charles Assagba
