C’est un serpent de mer judiciaire, vieux d’une décennie, qui est en passe de refaire surface. La plainte du fils de l’ancien président de Côte d’Ivoire, Michel Gbagbo déposée en 2011 contre l’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et dix commandants de zone (comzones) de l’ex-rébellion pour «enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants», n’est pas restée lettres mortes. C’est du moins l’annonce faite par Maître Habiba Touré, l’avocate en charge du dossier, par ailleurs Cheffe de cabinet de l’ancien numéro un ivoirien, Laurent Gbagbo. Hôte du plateau télé ‘’ Life Talk ‘’ dans la nuit du 11 octobre 2021, elle s’est étendue sur le sujet. «La procédure est toujours en cours. On en voit le bout. Puisque l’instruction est quasiment terminée. C’est-à-dire que le juge d’instruction va bientôt solliciter les réquisitions du procureur pour clôturer son affaire. Et décider du renvoi devant la juridiction ou pas, parce que c’est au juge d’instruction de décider de ce qu’il fera de la suite de la procédure. Mais son information est terminée. Le dossier n’est pas clos, le dossier se poursuit. Les procédures criminelles à l’instar de celle-ci sont des affaires très longues. En plus, le dossier a accusé un certain retard vu que la procédure est en France et que les faits se sont déroulés en Côte d’Ivoire. Donc c’était compliqué», a-t-elle répondu aux questions des chroniqueurs.
Flashback sur les faits. Alors qu’il est détenu à Bouna en compagnie de son géniteur, après la crise post-électorale de 2011, Michel Gbagbo estime avoir subi des sévices corporels. La progéniture de Laurent Gbagbo et de la Française Jacqueline Chamois, pointe un doigt accusateur sur l’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et dix commandants de zone (comzones) de l’ex-rébellion. En France, le 14 novembre 2011, Maître Habiba Touré, son avocate, porte plainte devant le procureur de la République du tribunal de grande instance de Bobigny pour « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Une plainte sans suite d’autant plus que le procureur de la République n’engagera pas de poursuites contre les accusés. Second tour de vis le 25 Juin 2012. Les avocats de l’actuel député de Yopougon étoffent le dossier en y ajoutant la constitution de la partie civile. Un dispositif légal qui permet de saisir un juge d’instruction qui statuera sur l’affaire tout en exemptant le Parquet. «Nous attendons de cette plainte qu’elle aboutisse à la désignation d’un juge d’instruction qui pourra mener tous les actes nécessaires visant à ce que les auteurs des faits dénoncés soient traduits devant les tribunaux», expliquait dans un communiqué Me Habiba Touré, avocate de Michel Gbagbo, en 2012. Le bout du tunnel pointe donc à l’horizon de cette affaire. Une énième indexation dans une affaire juridique pour l’ancien patron de l’Assemblée nationale qui a d’ores et déjà maille à partir avec la justice ivoirienne. Guillaume Soro a été condamné en son absence, le 23 juin à Abidjan, à la prison à perpétuité pour « atteinte à la sûreté de l’État » pour des faits commis fin 2019.
Charles Assagba
