Noël 2025 à Abidjan : la course aux jouets à « bon prix »

par nordsud.info
71 vues

À l’approche de Noël et du Nouvel An, Abidjan s’anime au rythme des préparatifs des fêtes de fin d’année. Ces moments de partage et de retrouvailles familiales placent les parents au cœur d’une véritable course aux cadeaux, notamment aux jouets destinés aux enfants. Pères et mères, malgré un contexte économique contraignant, s’efforcent de répondre aux attentes de leurs progénitures. Ce vendredi 19 décembre 2025, entre exigences précises des enfants et choix dictés par le budget, les marchés de la capitale économique enregistrent une affluence particulière. Immersion dans un secteur florissant, du commerce de détail au marché de gros, où les prix varient selon les communes, les périodes et les circuits d’approvisionnement.

Abobo, le rendez-vous des bonnes affaires

Réputée pour ses prix abordables, la commune d’Abobo attire de nombreux ménages en quête de bonnes affaires. Dès l’entrée du marché situé dans les environs de la mairie, une ambiance singulière se fait entendre. « 1 000 F, 1 000 F ! », lancent à tue-tête des commerçantes installées derrière leurs étals de jouets. Sur les tables s’alignent des gadgets et des packs composés de petites voitures, des figurines ou des bennes à sable. Des articles à faible coût, particulièrement prisés par les parents de jeunes enfants.

« Je regarde d’abord si les prix sont accessibles avant d’acheter », confie Abdoulaye, maçon, rencontré devant un étal. « Dans mon quartier, c’est trop cher, c’est pour cela que je suis venu ici », explique-t-il. La vendeuse nuance aussitôt : « ce n’est pas que c’est cher, c’est surtout que l’argent manque. Les prix n’ont pas beaucoup changé par rapport aux années précédentes, mais dès qu’on annonce un montant, les gens trouvent que c’est trop ».

Sur sa table, des jouets pour toutes les bourses : voitures télécommandées, poupées africaines et européennes, cuisinières miniatures, guitares ou encore bennes à sable. Abdoulaye s’intéresse à une guitare. « Elle est à 4500 F, mais je peux te la laisser à 4 000 FCFA », propose la commerçante. Le père de deux garçons tente sa chance à 3 000 F. « Si tu enlèves 1 500 F, j’en prends deux », insiste-t-il. L’accord est conclu. Il ajoute ensuite une poupée, destinée « à la fille de sa petite sœur ». « Même si je n’ai que des garçons, l’enfant de ma sœur est aussi mon enfant », précise-t-il. La poupée est cédée à 3 000 FCFA, selon la taille et la qualité. « Au total, j’ai dépensé 9 000 F pour des jouets que j’aurais payés jusqu’à 30 000 FCFA dans mon quartier », se félicite Abdoulaye.

Une offre diversifiée et bien rodée

À quelques pas, d’autres étals proposent jouets et sapins de Noël, attirant une foule dense et curieuse. « Les sapins sont à 10 000 F à discuter, ceux-ci à 8 000 F, et les plus petits à partir de 2 500 FCFA, parfois 2 000 FCFA », détaille Ange Kouao. À cela s’ajoutent des guirlandes lumineuses pour compléter la décoration. « Cette stratégie marche bien, quand on combine, les clients achètent plus facilement », assure-t-il.

Les tendances, elles, restent inchangées par rapport à l’année précédente : poupées pour les filles, voitures télécommandées pour les garçons. « Il y a plusieurs modèles et les prix varient entre 7 000 F, 8 000 F, 11 000 F, et les plus petits à 2 000 f ou 3 000 FCFA », explique Salimata Koné, tout en rassurant les clients. « Faites votre choix, on va diminuer », propose-t-elle. Les prix dépendent du mode de fabrication. « Certains fonctionnent avec des batteries rechargeables, d’autres avec des piles, moins chères », précise-t-elle.

Un peu plus loin, des mères s’arrêtent devant de grands cartons de poupées, accompagnées d’accessoires de cuisine et de vêtements. Les montants freinent les ardeurs, mais la négociation finit souvent par convaincre. « Les prix commencent à 26 000 FCFA et peuvent aller jusqu’à 30 000 FCFA. Il suffit de bien choisir et de négocier », explique une cliente. Au-delà des jouets, le marché d’Abobo regorge également de vêtements, de chaussures et de produits vivriers. Cette accessibilité s’explique notamment par l’origine des marchandises, en grande partie venues d’Adjamé, principal centre de négoce de la capitale.

Adjamé, le cœur du commerce de gros

À l’entrée du carrefour Indénié–Mairie, une inscription accueille les visiteurs : « Bienvenue à Adjamtala ». Adjamé demeure le poumon du commerce de gros qui alimente les marchés et quartiers d’Abidjan. Sous une pluie battante, ce vendredi 19 décembre 2025, des commerçantes se pressent vers les magasins situés près de la grande mosquée du boulevard Nangui Abrogoua. À l’intérieur, les cartons s’entassent, débordant de poupées, dinettes, bennes à sable et voitures télécommandées.

« J’achète en gros pour aller revendre. Les prix varient, mais on peut s’en sortir », confie une commerçante venue de Dabou, qui préfère garder l’anonymat. Elle s’approvisionne en cartons de poupées. « Un carton coûte environ 50 000 FCFA pour 50 poupées. Je revends l’unité à 1 500 FCFA, parfois 1 600 FCFA ou 2 000 FCFA. Il n’y a pas de prix fixe », explique-t-elle. Elle note toutefois une hausse des coûts cette année. « Avant, j’achetais à 1 000 F l’unité. Aujourd’hui, c’est au moins 1 600 FCFA », témoigne-t-elle. Une augmentation qu’elle attribue aux pratiques de certains grossistes, qui écoulent les anciens stocks à bas prix tout en renchérissant les nouveaux arrivages.

Des hommes effectuent également des achats en gros, dans un élan de solidarité. L’un d’eux, souhaitant rester anonyme, consacre une enveloppe d’environ 75 000 francs CFA à l’achat de plusieurs lots de jouets destinés à des enfants défavorisés, soigneusement empilés par les vendeurs.

Si les poupées et les voitures télécommandées dominent les ventes, tous les types de jouets restent disponibles sur ces marchés. Les plus onéreux (vélos, motos et voitures électriques pour enfants) sont surtout proposés dans les grandes surfaces et s’adressent à une clientèle plus aisée, avec des prix oscillant entre 100 000 et 500 000 francs CFA l’unité. Entre contraintes budgétaires et désir de faire plaisir, aucun parent ne souhaite pourtant laisser passer les fêtes de fin d’année. Des célébrations qui s’ouvrent avec la Noël du 25 décembre 2025, commémorant la naissance du Christ, avant l’entrée dans la nouvelle année 2026.

BN

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00