Depuis le début de l’année scolaire, de nombreux établissements scolaires publics, fonctionnent sans ressources. La faute à un vide administratif lié à l’intendance. Il n’y a plus de cotisation dans les écoles, mais les Comités de gestion des établissements scolaires (Coges), qui ont finalement été maintenus, manquent de liquidité pour faire face aux problèmes urgents.
Le collège moderne du Plateau, par exemple, a besoin pour cette rentrée scolaire, de 250 tables-bancs. L’établissement a adressé récemment un courrier au ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation et attend une réponse. Les autres années, l’école faisaient face au même problème. Mais, grâce à ses ressources mobilisées, de nouveaux tables-bancs étaient confectionnés. Hélas, pour cette rentrée scolaire, les caisses sont vides. Avec un effectif de 2 600 élèves, certains sont obligés de s’asseoir à trois, voire à quatre par table-banc. Situation indigne pour cet établissement de renom.
«Grâce à la dernière tranche du chèque de l’inscription en ligne de l’année dernière, que nous avons reçue à la rentrée, nous avons pu payer le vigile. Mais pour le salaire d’octobre il n’y a rien. Les toilettes des enfants se bouchent constamment. Aujourd’hui, si une simple ampoule est grillée dans l’une des salles, il n’y aura rien pour la remplacer. Tout ça pour vous dire l’urgence du problème », explique un cadre de l’administration.
Matériel de travail
Au lycée moderne d’Abobo, le problème affecte quasiment tous les compartiments. Des tables-bancs au matériel de travail des enseignants : craie, marqueur, papier A4, etc.
Depuis décembre dernier, de nombreuses écoles à Abidjan et à l’intérieur du pays ont cessé de payer le personnel contractuel. Avec l’arrêt des cotisations, on a croisé les bras et on attend les 18 milliards FCFA de l’Etat.
Mais, pour que cet argent soit décaissé, il faut d’abord que le document sorti du séminaire de Grand-Bassam, tenu avec les comités de gestion des établissement scolaires (Coges) soient entériné. Quatre ministères sont concernés. Le ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation, le ministère de l’Economie et des finances, le ministère du Budget et le ministère de l’Intérieur et de la sécurité. C’est la validation de ce papier qui aboutira à la mise en place d’un protocole pour le décaissement et la gestion de ces 18 milliards FCFA.
Depuis fin août, tous les yeux sont braqués sur les conseils des ministres qui ont suivi. Car, pour le moment, les écoles sont sans ressources. Environ 12 000 établissements préscolaires, primaires et secondaires sont concernés. Plus le problème tarde, plus la grogne enfle.
Raphaël Tanoh
Leg : De nombreux établissements attendent les 18 milliards de l’Etat.
