Respect du DRD: Les planteurs de cacao durcissent leur position à Yamoussoukro

par NORDSUD
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Les producteurs ivoiriens de cacao et le Conseil Café-cacao, organe de régulation de la filière, ont harmonisé leur position jeudi à Yamoussoukro. Au cours d’une rencontre d’explication à la mairie de la capitale politique ivoirienne, les producteurs de cacao, qui reprochent à des industriels de contourner le Différentiel de revenu décent (DRD) visant à accroître les gains des paysans, ont menacé de boycotter leur programme de durabilité et de certification.

Le président du Conseil café-cacao, Yves Brahima Koné, a expliqué les enjeux de cette lutte qui vise à faire respecter le DRD, afin d’améliorer les conditions de vie des producteurs. Il a exprimé aux producteurs son indignation face au boule jeu de certains industriels : «Il y a des industriels, des chocolatiers et des négociants qui ont commencé à faire un jeu et user de stratégies pour ne pas payer le Différentiel de revenu décent», a-t-il annoncé aux producteurs lors de cette session d’explication.
Quatre faîtières ont pris part à cette décision notamment le FOPCC (Fédération des organisations des producteurs de café-cacao) et l’ANACACI (Association nationale des Coopératives agricoles de Côte d’Ivoire). L’Association des producteurs et organisations professionnelles agricoles de l’Ouest (APROPAM)
et la Fédération nationale des femmes producteurs de café-cacao (FNFPCC).

Les producteurs ont tout naturellement salué les actions déjà entreprises par le Conseil Café-Cacao et Cocoa board du Ghana notamment la suspension de toute collaboration avec l’association des chocolatiers américains, la Cocoa Herchants Association of America (Cima), avant de prendre collectivement cette décision : «Nous suspendons notre collaboration autour des programmes de durabilité et de certification avec les industriels, les chocolatiers et les négociants qui s’opposeront au paiement du DRD.

Le Différentiel de revenu décent touche 100% des producteurs ivoiriens et ghanéen contrairement au programme de durabilité et de certification Aujourd’hui, le salut des producteurs de cacao se trouve dans l’application du Différentiel de revenu décent qui permet à ceux-ci de gagner 400 dollars sur chaque tonne de
cacao vendue», a déclaré leur porte-parole Dinard Yao N’Zi qui a lu le communiqué final de la session.


Le bras de fer entre les multinationales du chocolat et les pays producteurs dont la Côte d’Ivoire et le Ghana est donc véritablement engagé. Le gouvernement dit soutenir les producteurs inquiets, selon Adama Coulibaly, ministre de l’Economie et des finances : «6% seulement du business du chocolat revient actuellement au planteur. Il n’est pas acceptable que nous puissions continuer dans cette voie-là. Donc, le différentiel a été négocié d’accord parties avec le chocolatier pour accroître le revenu des paysans et accroître également la qualité de la production. Donc, nous travaillons à ce que justement les chocolatiers puissent respecter leurs engagements. Je peux vous dire que les choses vont dans le bon sens et que très prochainement les choses vont rentrer dans l’ordre», a-t-il rassurer.

Les organisations de la filière cacao en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial avec près de 2 millions de tonnes, demandent la mise en place dans les prochaines semaines d’un Comité de suivi du DRD pour les producteurs ivoiriens et ghanéens.

Prince Khalil

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