Depuis plusieurs décennies, le milieu du transport est secoué par des séries de crises, dues le plus souvent à un vide juridique. La plus récente est le palabre entre les taxis-compteurs et les Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC), utilisant les plateformes de transport. Cette fois-ci, des textes pourraient voir le jour pour réglementer le secteur.
Plusieurs semaines après la suspension de la grève des taxis-compteurs, menée contre la concurrence déloyale des Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC), les choses avancent. Trois rencontres ont eu lieu récemment au sein du cadre de concertation mis en place par le ministère des Transports.
Ce cadre de concertation a réuni les chauffeurs de taxi, le haut conseil du patronat, le ministère des Transports et les plateformes de transport que sont Uber et Yango. La première réunion s’est tenue au cabinet du ministère des Transports, la seconde a eu lieu, au siège de l’Autorité de la mobilité urbaine du grand Abidjan (Amuga) le 11 novembre, tandis que la dernière rencontre s’est déroulée à l’Hôtel Pullman, une semaine après soit le 18 courant.
A l’issue de ces trois concertations, un texte a été adopté par les acteurs. Le document stipule que tous les VTC deviennent des véhicules de transport et que leurs détenteurs doivent se constituer en société.
Le texte mentionne également que les VTC sont soumis aux mêmes taxes et réglementations que les véhicules de transport. Ils payent la patente, l’assurance au même titre que les taxis-compteurs. Et effectueront deux visites techniques par an. Hormis les compteurs, les VTC sont assujettis aux mêmes règles que les taxis.
Le texte a aussi décidé que les véhicules de tourisme avec chauffeurs ne seront pas contraints à adopter une couleur en particulier. Mais il leur a été recommandé d’afficher des identifiants sur leurs carrosseries.
Les difficultés
Toutefois, selon nos sources, les débats ont été difficiles. Notamment, concernant le chapitre sur la base de données. D’après le texte sorti des échanges, Uber, basé aux Etats-Unis et Yango en Russie, devront permettre l’accès des autorités ivoiriennes à leurs bases de données d’utilisateurs. Mais, l’accès à ces ‘‘datas centers’’ ne rassure pas les deux plateformes de transport qui, jusqu’à la fin des débats, n’ont pas donné leur accord sur ce point.
L’autre difficulté discutée pendant les échanges a été la mise en place de la commission chargée du contrôle de tout ce dispositif. Si la question a été abordée, cela n’a pas été spécifié dans le document final. Le texte devrait passer d’abord sur la table du conseil de gouvernement avant d’être proposé en conseil des ministres. Ce n’est qu’après adoption du document final que la mise en place de la commission de contrôle sera étudiée à fond. D’après la première mouture, cette commission sera composée de membres des propriétaires de taxi-compteurs, de représentants du ministère des Transports, de policiers.
Un autre aspect sur lequel les échanges n’ont pas tranché, c’est la puissance des véhicules habilités à faire du VTC. Ailleurs, les voitures affectées à ce segment de transport sont de grosses cylindrées, avec des puissances allant de 8 à 10 chevaux. L’Etat va-t-il revoir les textes à ce niveau ? Rien n’est moins sûr.
Enfin, détail très important à noter : les propriétaires de VTC n’ont pas pris part aux échanges. Selon le ministère des Transports, la présence de Uber et Yango ne nécessitait pas celle des VTC. Yango et Uber ayant eux-mêmes des VTC.
Raphaël Tanoh
