2ème phase des logements sociaux : Ce que l’Etat prépare

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 101 vues

Depuis des décennies, des Ivoiriens ont du mal à se loger correctement. La première phase de la politique de logements sociaux qui devait permettre de soulager de nombreux citoyens a été un échec. Pour se racheter, le gouvernement travaille sur une seconde phase. Lucarne

Un séminaire de restitution des recommandations du groupe de travail sur le thème « Définition d’un modèle de partenariat public-privé’’ s’est ouvert ce jeudi à Abidjan. Une rencontre en prélude au lancement de la deuxième phase des logements sociaux.  Pour ce second lancement, tout un groupe de travail interministériel a été mis en place. Selon le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme, Bruno Koné, 15 ministères y sont représentés. Le groupe a déjà élaboré 18 textes sur la prochaine politique de logements sociaux. Des textes qui vont passer en conseil de gouvernement et ensuite en conseil des ministres.

Le séminaire qui s’est donc ouvert ce jeudi sur plusieurs jours est chargé d’analyser les recommandations du groupe.

Un autre fiasco risque d’enterrer pour de bon le programme

Il faut dire que le gouvernement prend toutes les précautions avant de lancer cette deuxième phase des logements sociaux. La raison est simple : l’échec de la première étape a laissé les Ivoiriens sceptiques. Un autre fiasco risque d’enterrer pour de bon le programme.

Avec le chef de l’Etat en tête, les autorités veulent d’abord comprendre ce qui n’a pas marché et que faire pour y remédier.

Ce jeudi, le premier responsable du secteur des logements n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat.

D’après Bruno Koné, voici ce qui a entraîné l’échec de la première phase des logements sociaux. D’abord, la faible capacité de mobilisation des réserves foncières. Il n’y avait pas assez de terrains pour construire les logements. Il faut ajouter à cela la lenteur dans l’engagement de l’Etat à purger les droits coutumiers. Les terres disponibles n’étaient pas non plus payées correctement. Quand ce n’était pas le problème de terre, il y avait le faible niveau de synergie et institutionnel autour du programme. Les sociétés publiques comme la Société ivoirienne de construction et de gestion immobilière (Sicogi) qui ont une grande expérience en la matière, n’ont pas été impliquées à fond. Plusieurs structures étatiques ne collaboraient pas, mais se marchaient les unes sur les pieds des autres.

Qui sont ceux qui avaient les marchés ?

Un autre problème est venu plomber le projet : La faible capacité technique et financière des promoteurs sélectionnés. Qui sont ceux qui avaient les marchés ? En avaient-ils la compétence, les moyens ? L’Etat a tenu à le savoir. «Disons les vérités, en ayant mis sur la dalle les réelles difficultés», note le ministre de la Construction, sans faux fuyant.

Ainsi donc, le programme présidentiel des logements sociaux qui visait 60 000 logements était voué à l’échec. 20 000 logements sont tout de même sortis de terre. Mais le déficit est toujours aussi important : 500 000 logements.

Que faire ? Cette deuxième phase des logements sociaux, selon le ministre, vise 150 000 logements d’ici à 2025. Le modèle doit être basé sur un véritable partenariat public-privé.

Pour y parvenir, les autorités veulent travailler sur tous les segments du marché. Les logements de haut standing, les logements de moyen standing. Mais, surtout, une offre suffisante de logements économiques et sociaux. Non seulement Bruno Koné et son équipe veulent miser sur les logements économiques et sociaux, mais il est également prévu la location-vente et même la location simple. Un promoteur immobilier pourra donc construire et mettre en location ses maisons à des coûts accessibles. «Il n’est pas possible que tout le monde soit propriétaire», reconnaît le ministre aujourd’hui.

Solutions

Le gouvernement est en train de constituer plus de 2000 hectares de réserve foncières à Abidjan et à l’intérieur, qui seront mises à la disposition des prometteurs immobiliers. Il est prévu 300 milliards d’exonération fiscale aux promoteurs immobiliers. L’Etat travaille sur la délivrance rapide et fiable des titres de propriété foncière. Les arrêtés de concession définitive (ACD) seront bientôt délivrés entre un et trois mois. Au niveau de la purge des droits coutumiers, à entendre Bruno Koné, un travail colossal est en train d’être fait.  «J’espère qu’assez vite, nous aurons des réponses claires», signale le ministre. C’est d’ailleurs, selon lui, ce qui explique le temps que prend le lancement de cette deuxième phase.

Il a été noté dans son ensemble, le financement insuffisant du programme présidentiel de logements sociaux. Des mécanismes pour rechercher des solutions à un meilleur financement de cette deuxième phase sont donc en cours. Au-delà de ces mesures, les autorités ont pris attache avec des promoteurs internationaux. Ces derniers ont déjà fait une estimation de 320 000 unités de logements qu’ils seraient capables de construire, d’ici à 2025. Il faudra les accompagner au mieux, les aider à concrétiser ces intentions de logements. Enfin, l’un des défis consistera à garantir une réelle transparence autour de cette deuxième phase.

Raphaël Tanoh

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