Depuis plusieurs années, le taux du BTS reste en dessous des 50%.
Les résultats d’admissibilité de la session 2025 du Brevet de technicien supérieur (BTS) sont disponibles depuis ce jeudi. Le taux de réussite est de 40,48 %. Soit une progression de 2,09% par rapport à l’année dernière. En 2023, le taux de réussite était de 40,97%. 46,05% en 2022 ; 46,80% en 2021 et 52,30% en 2020. « Il est difficile même pour un diplôme comme le BTS d’atteindre régulièrement les 50%. Cela reflète malheureusement le niveau actuel des étudiants », se désole Kadio Claude, président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci).
‘‘La formation du BTS est devenue modulaire’’
Une situation qui, selon les enseignants, peut aussi être imputée au nouveau système de formation. « La formation du BTS est devenue modulaire, au détriment de la formation continue qui prévalait. A part quelques rares établissements comme le groupe Loko, tout le monde s’y est mis », déplore Guy Koné, secrétaire général du Syndicat des enseignants solidaires du supérieur privé (Sessup). Au contraire de la formation continue qui s’étale sur toute l’année, la formation modulaire consacre un certain nombre d’heures aux modules. « Plutôt que de faire 40 h, un établissement peut décider de faire par exemple un module en 20 h. Cela lui permet de payer moins les enseignants. Or l’étudiant n’est pas bien formé », déplore M. Koné.
Une situation confirmée par Lazare Koffi, le secrétaire général national du Syndicat national des enseignants du supérieur privé (Synesup). « L’école est devenue un business et les fondateurs, des hommes d’affaires. L’intérêt de l’étudiant n’est plus primordial. Certains établissements préfèrent même que l’étudiant reprenne la classe de BTS pour pouvoir bénéficier de la troisième année de subvention de l’Etat », assène-t-il.
Faible taux
C’est juste un mauvais diagnostic, d’après Dr Juvénal Kouakou, directeur académique du Groupe AIST. L’analyse de l’évolution du taux du BTS, dit-il, se fera à tête reposée à leur niveau. Le responsable académique estime en outre que les modules ne sont pas à la base du faible taux du brevet. Puisque, selon lui, ce taux était déjà très bas avant l’avènement de cette réforme. Au contraire, pense-t-il, le niveau s’est légèrement amélioré avec le temps. Il cite en outre la lutte contre la fraude qui est à la base de ce taux en-dessous des 50%, ces dernières années.
Georges Dagou
