24 août 2025– 17 septembre 2025. Cela fait bientôt un mois que six agents de la Direction d’aide et d’assistance aux réfugiés et apatrides (DAARA), arrêtés par les Volontaires pour la patrie (VDP) burkinabè, demeurent en captivité. Les autorités ivoiriennes affirment maintenir le dialogue avec Ouagadougou pour obtenir leur libération.
« Nous continuons de discuter avec les autorités du pays. Vous connaissez la pratique : nous restons très discrets jusqu’à obtenir des résultats. Ce sont des discussions difficiles », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Si gouvernement ivoirien marche sur les œufs et prends les gants dans sa communication sur le sujet, son porte-parole, Amadou Coulibaly a précisé que la stratégie est de « rester prudent. Il ne faut pas par quelques maladresses que ce soit, caresser à rebrousse-poil nos voisins ».
Alors qu’Abidjan emploie la même stratégie – négociations à huis clos – que celle déployée pour obtenir la libération des soldats ivoiriens qui avaient été détenus au Mali, le discours est mesuré.
Contrairement à la crise malienne de 2022, où Abidjan avait adopté un ton plus ferme pour exiger la libération de ses soldats, la stratégie ivoirienne face au Burkina Faso, privilégie le registre de la retenue. Prudence, sobriété et discrétion semblent être les clés de cette négociation. « La négociation est un chemin long mais il permet d’obtenir les meilleurs résultats sans dégâts collatéraux », a expliqué le ministre, appelant les familles à la patience.
Cet incident révèle par ailleurs la finesse de la diplomatie ivoirienne d’autant que les personnes arrêtées étaient en mission de recensement de déplacés, venus du Burkina Faso et qui avaient trouvé refuge en Côte d’Ivoire après une attaque terroriste mi-août dans le Sud du Burkina Faso. Alors que ces arrestations peuvent être considérés comme un casus belli ou une attitude ingrate d’autant que les autorités ivoiriennes portaient assistance à des ressortissants burkinabés, le discours du gouvernement ivoirien semble se positionner au-dessus de la mêlée. Cette retenue volontaire illustre un choix : celui de ménager un voisin sensible, dans un contexte sécuritaire déjà chargé et avec lequel Abidjan entretient des relations tendues.
Charles Assagba
