Près de trois mois auprès son retour au pays, la communauté Wê tenait à rencontrer l’ex-président de la République, Laurent Gbagbo. C’est désormais chose faite. Ce samedi 28 août, à Mama, l’ancien pensionnaire de la Cours pénale internationale (CPI) a reçu chez lui, ses frères de l’Ouest. Guidés par Hubert Oulaye les Wê des 8 départements du Guémon et du Cavally, ont affirmé qu’ils étaient venus constater par eux-mêmes que c’était bel et bien leur fils Laurent Gbagbo en chair et en os, qui était en Côte d’Ivoire depuis quelques temps. En doutaient-ils ? Si c’était le cas, le discours du Woody de Mama les a bien rassuré.
Revenant sur ce que l’Ouest a vécu depuis la crise postélectorale de 2002, notamment pendant sa mandature, Laurent Gbagbo a demandé qu’une enquête établisse les raisons des massacres intervenues dans cette zone du pays. « Oulaye Hubert, je vous avais demandé de faire des études sur tout ce qui est arrivé dans le pays Wê, continuez à aller jusqu’au bout ! Allez jusqu’ au bout ! Je le demande. Ce n’est pas parce que les Wê sont mes parents, mais c’est parce que c’est la Côte d’Ivoire et tout ce qui arrive en Côte d’Ivoire, on doit savoir pourquoi cela est arrivé », a demandé Gbagbo à son poulain.
Lui, Gbagbo, qu’a-t-il fait pendant ces évènements ? Il a pris des mesures. « J’ai été obligé de prendre des mesures exceptionnelles : J’ai nommé une administration militaire à Duékoué, Guiglo, Taï, Bloléquin pour que la force s’oppose à la force. J’ai mis à la disposition des administrateurs militaires, les éléments de la gendarmerie de Toroguhé et j’ai nommé au dessus d’eux tous un administrateur militaire, qui était d’ailleurs un Wê, fils du pays. Ça a eu le temps de calmer les choses », s’est souvenu l’ex-chef de l’État. Et Laurent Gbagbo de regretter cette crise : « Ce que nous devons rechercher, c’est la fin de ce cycle de morts politiques. On doit pouvoir faire la politique sans qu’il !y ait de morts ». Pour lui, c’est pourtant facile à comprendre mais beaucoup ne le comprennent pas. « Le coûte que coûte n’existe pas en politique. Et ce n’est pas une question de partis politiques (…) Il faut abandonner l’idée du coûte que coûte. Si on ne m’a pas élu, on ne m’a pas élu ! Si on m’a élu, on m’a élu ! Mais si on a élu l’autre, il faut que je sache qu’on a élu l’autre ! », a tenté d’expliquer l’hôte du jour devant son auditoire.
Raphaël Tanoh
