Laurent Gbagbo éprouve toujours une grande difficulté à faire rentrer Simone Gbagbo dans les rangs de son nouveau parti politique annoncé le 9 août 2021. Samedi 11 septembre à Abidjan, les membres du comité élargi étaient conviés à une réunion pour continuer à réfléchir aux contours de son futur parti. Simone Gbagbo, qui en fait partie, a choisi de ne pas pointer présente. Laurent Gbagbo a profité de ces assises pour faire un éclairage sur la polémique qui commence à enfler. Sans la citer nommément, il lui a indiqué la porte de sortie.
«Il ne faut pas qu’il y ait d’erreur sur les commissions de travail, ni rien ni plus. Rejoins-nous, d’abord. Et tu seras dans une commission de travail. Donc il faut mettre balle à terre et ne pas laisser les gens s’engager dans des polémiques inutiles. Ce n’est pas du tout utile. Et puis, qu’il s’agit de la création d’un parti nouveau, celui qui était dedans et qui ne veut plus, il s’en va !», a souligné l’ancien président du Front populaire ivoirien (FPI), selon Le Temps dans son édition du lundi 13 septembre 2021, N°5297, page 4.
A travers cette mise au point, Laurent Gbagbo montre que Simone Gbagbo n’est pas du tout intéressée par son nouveau projet politique. L’argument de l’excuse présenté pour justifier l’absence de Simone Gbagbo ce samedi n’était qu’un prétexte. Gbagbo a désormais la conviction que son épouse avec qui il est en instance de divorce n’est pas chaude pour cette nouvelle aventure politique. Des sources proches des frontistes informent que Simone Gbagbo entend lancer le 25 septembre prochain un mouvement politique pour fédérer tous les mouvements satellites qui gravitent autour d’elle. Selon une source proche de l’ex-Première dame ivoirienne, il n’est pas exclu que Simone Gbagbo se rapproche de Pascal Affi N’Guessan. «Nous restons au FPI et nous reconnaissons que c’est Affi qui en est le président légal.
Mais Simone aussi a du monde derrière elle. Nous rencontrerons Affi et c’est sûr. Il n’est pas exclu que nous agissions comme dans une sorte d’alliance», justifie-t-on dans l’entourage de Simone Gbagbo, cité par Notre Voie dans son numéro 6703, en page 3. Le 9 août, M. Gbagbo avait annoncé sa volonté de créer un nouveau parti, rompant ainsi avec le Front populaire ivoirien (FPI) qu’il avait créé en 1982.
La ligne de fracture entre les époux Gbagbo n’avait tardé à se faire sentir. Bien que présente ce jour-là lors du lancement de cette formation à Treichville, l’ex-Première dame a du mal à épouser l’idée du nouveau parti. Elle s’est plaint publiquement le 7 septembre que ses anciens camarades de parti utilisent des méthodes d’approche pour le moins surprenantes dans leur démarche.
«Je suis surprise que mon nom circule comme membre d’un Groupe de réflexion élargi, sans que je n’ai même été préalablement consultée. Je reste dubitative devant ces pratiques et manquements, et je suis peu encline à m’associer à ce type d’initiative car je mérite un minimum de respect et de considération», avait-elle écrit.
Bakayoko Youssouf
