Rentrée des classes: Les problèmes qui attendent Mariatou Koné

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 142 vues

La rentrée des classes a eu lieu ce lundi, comme prévu sur toute l’étendue du territoire national. Mais une rentrée plutôt timide. Que ce soit au groupe scolaire BAD du Plateau-Dokui, au lycée Mahou ou à l’EPP Deux-Plateaux Nord 2, les élèves sont venus, pour la plupart accompagnés de leurs parents. Entre inscription physique, prise de contact et retrouvailles, très peu d’établissements de la capitale économique ont fait cours ce premier jour de rentrée.

Mobilisés

Les enseignants, de leur côté, ont répondu présents. «Nous sommes mobilisés pour cette rentrée scolaire, parce que les enseignants de Côte d’Ivoire adhèrent aux mesures prises par la ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation », indique Abba Eban, président du Mouvement national des enseignants de Côte d’Ivoire (Muneci). Alors que Mariatou Koné a procédé ce lundi au lancement de la distribution des kits scolaires à Bouaflé, pour les parents d’élèves, il faut attendre encore deux semaines pour véritablement commencer les cours. «Nous avons visité des établissements où la moitié des élèves n’avaient pas encore fait leur inscription en ligne», explique Kadio Claude, président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci).  

Les enseignants oubliés

Toutefois, il y a quelques nuages à l’horizon que Mariatou Koné devra s’atteler à dissiper pour une rentrée réussie. D’abord, le dossier des enseignants. Certains parmi ces derniers affirment avoir été ignorés dans les mesures prises par la ministre. «Nous avons vu beaucoup de décisions cette année concernant l’école, mais rien qui nous concerne. Il y a certaines mesures nous concernant qui n’ont pas besoin des états généraux. Par exemple, le reversement des ponctions sur les salaires», plaide Bertoni Kouamé, porte-parole de la Coalition des syndicats du secteur éducation/formation de Côte d’Ivoire (Cosefci).

Après avoir suspendu sa dernière grève, il y a quelques semaines, la Cosefci a produit une déclaration ce lundi pour demander au ministre de se pencher sur leurs revendications. Outre le reversement des ponctions sur les salaires, il y a la revalorisation des indemnités de logement, la suppression des cours de mercredi au primaire, le relèvement au double de toutes les primes liées aux examens et la rémunération de la surveillance, le paiement des 500 000F au titre des émoluments dûs aux enseignants ex-contractuels de 2012, la suppression de l’emploi des instituteurs adjoints.

Ensuite, il y a la question des Comités de gestion des établissements scolaires (Coges) qui n’a pas encore été réglée. Après la décision de supprimer les Coges, l’Etat a décidé d’accompagner les établissements scolaires cette année avec un appui de 18 milliards FCFA, pour mettre fin aux cotisations.  Mais, jusque-là, aucune clé de répartition de ces 18 milliards F dans les établissements primaires et secondaires du public n’a été établie. Ni même la méthode de paiement.

Le problème Coges

Dans de nombreux établissements, on a gelé les charges. Si les Coges sont interdits de lever des cotisations et que leur suppression a été évoquée par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qui va réceptionner cet argent pour faire fonctionner les écoles ? Les mêmes organisations taxées de mauvaise gestion ? Joints au téléphone, les services de la direction de l’Animation, de la promotion et du suivi des Coges annoncent qu’une clarification sera faite quant à la gestion de ces 18 milliards F au moment venu.

À côté de cela, la date à laquelle ces fonds seront disponibles n’est pas encore connue. En attendant, la rentrée se poursuit. Au Lycée moderne d’Ebilassokro, on s’en inquiète.  «Nous avons été obligés de mettre le vigile en chômage technique, parce qu’il n’y a pas d’agent dans la caisse. Ici, il y a un déficit de 21 enseignants. Ce sont les vacataires qui assuraient cette tâche avec des salaires forfaitaires. Ils nous revenaient à 3,5 millions par an», explique André Koffi Tano, président Coges de l’établissement. Ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Autant de problèmes latents sur lesquels Mariatou Koné devra se pencher. 

Raphaël Tanoh

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