La Commission des affaires économiques et financières (CAEF) de l’Assemblée nationale ivoirienne a adopté ce mardi 7 avril 2026, le projet de loi portant Plan national de développement (PND) 2026-2030, un document stratégique qui fixe les grandes orientations économiques et sociales de la Côte d’Ivoire pour les cinq prochaines années.
Réunis sous la présidence du député Ouattara Karim, les membres de la commission ont auditionné le ministre du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, après que celui-ci leur a présenté les priorités de ce programme quinquennal adopté en Conseil des ministres le 4 février 2026.
Un plan ambitieux
Le PND 2026-2030 ambitionne de hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030. Il vise à consolider les acquis des précédents plans tout en accélérant la transformation structurelle de l’économie, avec un objectif de croissance moyenne de 7,2 % par an et une réduction du taux de pauvreté à moins de 20 %.
Face aux députés, le ministre a insisté sur la nécessité de maintenir un cadre macroéconomique stable, de mobiliser des investissements massifs et de renforcer l’inclusion sociale, notamment à travers la création d’emplois pour les jeunes.
Six piliers pour structurer l’action gouvernementale
Le document s’articule autour de six axes stratégiques majeurs. Le premier porte sur la sécurité et la stabilité, avec un renforcement des capacités de défense et la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité.
Le deuxième pilier concerne la modernisation de l’agriculture, avec pour ambition de transformer localement 100 % de la production de cacao, de développer des centres agri-tech et de digitaliser les filières agricoles.
La promotion de l’investissement privé constitue le troisième axe, avec un rôle central accordé aux PME-PMI et aux partenariats public-privé.
Le quatrième pilier met l’accent sur le capital humain, à travers la construction d’infrastructures éducatives, la formation professionnelle et l’extension de la couverture maladie universelle.
Le cinquième axe vise le renforcement des infrastructures structurantes, avec des projets d’envergure tels qu’un train à grande vitesse reliant Abidjan au nord du pays, un réseau de Bus Rapid Transit, ainsi que des infrastructures administratives et numériques, notamment à Cocody et à Grand-Bassam.
Enfin, le sixième pilier porte sur la bonne gouvernance, avec une digitalisation accrue des procédures administratives et la mise en place d’un guichet unique centralisé.
Un financement dominé par le secteur privé
Le coût global du plan est estimé à plus de 114 000 milliards de FCFA. Le financement repose majoritairement sur le secteur privé, appelé à contribuer à plus de 70 %, tandis que l’État assurera environ 30 % des ressources, en s’appuyant sur les marchés financiers et les partenaires techniques et financiers.
Devant la commission, les députés ont particulièrement interrogé le gouvernement sur les mécanismes de financement, les objectifs de croissance et les mesures envisagées pour réduire les inégalités sociales et régionales.
Au-delà des chiffres, le PND traduit une volonté affirmée de rompre avec le modèle d’exportation de matières premières brutes. Il mise sur la transformation locale, notamment dans les secteurs agricole, minier et énergétique, afin de créer davantage de valeur ajoutée et d’emplois.
Le plan prévoit également un dispositif renforcé de suivi-évaluation, avec des indicateurs de performance destinés à mesurer l’impact des réformes engagées.
Une « boussole » pour les cinq prochaines années
Considéré comme la feuille de route de l’action gouvernementale, le PND 2026-2030 sera, après son examen en commission, soumis à la séance plénière de l’Assemblée nationale pour adoption.
À travers ce programme, les autorités ivoiriennes entendent consolider la position du pays comme locomotive économique en Afrique de l’Ouest, tout en promouvant une croissance durable, inclusive et créatrice d’opportunités pour l’ensemble des populations.
MD
