Alors que l’opposition reste confrontée à l’éligibilité de ses principales figures au scrutin présidentiel d’octobre prochain, Commission électorale indépendante, très entreprenante, pense déjà à l’organisation des prochaines législatives qui pourraient avoir lieu avant fin 2025.
A l’approche du scrutin présidentiel du 25 octobre prochain, l’opposition ivoirienne reste focalisée sur une bataille cruciale relative à l’éligibilité de ses principales figures. Laurent Gbagbo (PPACI), Tidjane Thiam (PDCI) et Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale, tous radiés de la liste électorale, sont aujourd’hui exclus de la course. Les partis qu’ils dirigent refusent toute idée de “plan B” et poursuivent une ligne dure, réclamant leur réintégration dans la compétition, malgré les critiques de certains militants qui jugent cette posture contre-productive.
Posture délicate
Pendant ce temps, la Commission électorale indépendante (CEI) prépare activement non seulement la présidentielle, mais aussi… les législatives. Dans un communiqué publié le 12 août, l’institution a annoncé la tenue, ce jeudi 14 août, d’une rencontre avec les partis politiques et tout citoyen désireux de se présenter à ce scrutin, attendu avant fin 2025. L’idée initiale de coupler présidentielle et législatives en octobre ayant été abandonnée, ces deux scrutins se tiendront séparément, mais dans un calendrier rapproché.
A la tâche
Pour certains observateurs, cette initiative de la CEI, déjà accusée par l’opposition de partialité, signifie clairement qu’elle reste droit dans ses bottes. Pour ses détracteurs, notamment pour l’opposition, le risque est clair. Absorbée par la présidentielle et la dénonciation de la candidature d’Alassane Ouattara, elle pourrait négliger les législatives, pourtant stratégiques pour peser politiquement.
Les précédents électoraux n’incitent guère à l’optimisme. En 2021, après avoir décidé de participer aux législatives suivant la réélection contestée de M. Ouattara, le PDCI et le camp Gbagbo avaient réalisé une performance modeste. Le RHDP avait remporté 137 sièges sur 254, confortant ensuite sa majorité grâce au ralliement de l’UDPCI d’Albert Toikeusse Mabri. Depuis, les reculs successifs de l’opposition aux municipales, régionales et sénatoriales ont confirmé son affaiblissement.
Pari risqué
A deux mois de la présidentielle, la question est donc double : l’opposition parviendra-t-elle à peser sur la présidentielle malgré ses divisions internes ? Et saura-t-elle éviter de reproduire, aux législatives, les mêmes erreurs stratégiques qui l’ont affaiblie ces dernières années ?
Marc Dossa
