Le ministère des Transports continue de mettre les bouchées doubles sur le retrait des permis de conduire des chauffeurs impliqués dans des accidents de la route. A l’occasion de sa première session de 2022, la commission spéciale de suspension et de retrait de permis de conduire a annoncé avoir ôté 35 permis de conduire sur les 39 chauffeurs convoqués pour le compte de l’année en cours. «Parmi les sanctions, l’on enregistre 7 condamnations fermes, comprises entre 10 ans et plus, 4 compris entre 5 ans et 9 ans, 4 compris entre 1 an et 5 ans, 6 compris entre 6 mois et 11 mois, 1 compris entre 3 mois et 6 mois, et 3 compris entre 1 mois et 3 mois. Il est reproché aux chauffeurs, entre autres, une méconnaissance du code de la route, l’imprudence, l’excès de vitesse, le défaut de maitrise, des raisons liées à l’état du véhicule, le non-respect des feux tricolores et le non-respect de la priorité », souligne une note du ministère des transports. Réactivé en Décembre 2018, sous la houlette de l’actuel ministre des transports, Amadou Koné, ce dispositif a d’ores et déjà fait ses preuves. «En 2021, nous avons traité 570 dossiers avec près de 370 condamnations. Et, depuis la réactivation de la commission, nous sommes aujourd’hui à 1.105 permis de conduire sanctionnés», a fait remarquer, Kouakou Etienne, Directeur de la coordination et de la gestion intégrée des opérations des transports à la Direction Générale des transports terrestres et de la circulation. Relativement au process qui préfigure ces mesures de la commission, l’orateur a mis en exergue le mode opératoire entériné. «De façon spontanée, lorsque l’accident survient et que le permis est retiré par les agents des forces de l’ordre, il y a tout de suite un verrouillage qui est fait à notre niveau pour éviter que la personne impliquée aille faire un duplicata en attendant les sanctions de la commission», a-t-il soutenu. En appuyant sur le champignon dans la traque et le retrait du permis aux chauffeurs indélicats, le ministère de Transports entend dissuader les conducteurs à l’incivisme au volant tout en réduisant par ricochet les accidents de la circulation. Interrogé par la rédaction de nordsud.info, le président de l’Association des détenteurs de taxis-compteurs et communaux de Côte d’Ivoire (Adtc-Ci), par ailleurs membre du Haut conseil des transporteurs, a traduit son satisfécit relativement à ce mécanisme. «C’est une initiative salutaire. Lorsqu’il est retiré, le permis est remis avec le rapport de l’agent des forces de l’ordre à la préfecture. Ensuite en cas de gravité intolérable des faits, le document est retransmis à la commission. Le chauffeur ira ensuite défendre son cas devant cette entité. Le dispositif est bien coordonné et pousse les chauffeurs à faire plus attention. Nous saluons cette initiative», relève Drissa Diaby.
Charles Assagba
