Quand la fraude aux concours a-t-elle débuté en Côte d’Ivoire ? Selon les travailleurs, c’est un phénomène qui date de ces trente dernières années.
«Sous Félix Houphouet-Boigny, nous n’avons pas connu cela. Je me souviens que pendant nos années au lycée technique, ce sont les entreprises qui venaient nous voir pour faire des offres d’emplois. Les seuls cas de fraude qu’on voyait en ce moment-là, c’était dans l’octroi des bourses d’études. Les cadres les consacraient à leurs proches», explique Assiéné Koffi, secrétaire général adjoint de l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Ugtci).

Mais cela s’expliquait par le fait que les demandeurs d’emplois n’étaient pas assez nombreux à cette époque.
«L’école n’était pas nécessairement une voie de réussite. Nos parents refusaient même d’envoyer leurs enfants étudier. On ne connaissait pas la fraude», renchérit Konan Denis, président du Collectif des fonctionnaires retraités après 30 années de service.
Sous Henri Konan Bédié, le phénomène a commencé peu avant le coup d’Etat du 24 décembre 1999.
Mais il était encore embryonnaire. «Nous avons commencé à voir les gens payer ou être recommandés pendant les concours.
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Mais c’est sous Laurent Gbagbo qu’il a explosé. Nous avons connu alors le système des ‘‘listes’’, où des chefs de jeunesses de partis politiques, par exemple, envoyaient des listes de personnes qui devaient être déclarées admises à certains concours. Ce même système continue aujourd’hui», poursuit Assiéné Koffi.
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Raphaël Tanoh
