Alors que l’année scolaire tire à sa fin, la subvention de l’année 2024 destinée aux Comités de gestion des établissements scolaires (COGES) fait l’objet de d’interrogations. Une source à la Direction générale des COGES, assure que les virements ont été faits depuis plusieurs mois. Il s’agit, dit-elle, de la deuxième tranche des 18 milliards F CFA d’aide annuelle que l’État doit aux écoles, depuis la suspension des cotisations. Une information qui n’est confirmée qu’à moitié par les établissements. « La deuxième tranche de la subvention de 2024 n’est pas encore entièrement payée », a expliqué ce mercredi Yaya Sangaré, responsable communication de la Plateforme nationale des COGES de Côte d’Ivoire.
Selon lui, dans la zone de Daoukro, par exemple, sur 225 écoles primaires, seulement 9 ont reçu cette seconde tranche. Dans la Dren de Bondoukou, sur un total de 600 écoles primaires, seule une cinquantaine a reçu le reste de la subvention de 2024. « Au secondaire, c’est nettement mieux. 95% des écoles ont reçu le reste de la subvention. Cette subvention n’est pas payée sur une période donnée. Elle est versée de manière intermittente aux écoles sans suivre un schéma. Depuis la rentrée, des écoles ont reçu toutes leurs subventions de 2024, alors que jusqu’à aujourd’hui beaucoup d’établissements attendent cet argent », ajoute-t-il.
MANQUE D’ENSEIGNANTS
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La conséquence de tout ceci ? C’est le manque de matériel dans les établissements. « Même dans des écoles comme le Collège moderne du Plateau, nous avons eu des enseignants bénévoles. Dans de nombreuses écoles en Côte d’Ivoire, ce sont ces bénévoles qui assurent l’enseignement dans des matières où il n’y a pas assez de profs. Mais, avec quoi les payer ? », fustige Yaya Sangaré.
Les résultats scolaires sont donc menacés. Face à cette situation, certains responsables d’écoles préconisent le retour à l’ancien système. « Il faut revenir aux cotisations. Le système des subventions a suffisamment prouvé ses limites. Nous sommes en 2025 et on parle encore des subventions de 2024. Le problème, c’est qu’il n’y a personne d’assez courageux pour expliquer cela aux autorités », déplore un directeur d’école.
Raphaël Tanoh
