Ecole ivoirienne: Les réformes embrouillent les enseignants

par NORDSUD
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Salaires, indemnité de logement, cours le mercredi, etc. Si l’école ivoirienne a connu des remous depuis bien longtemps, les véritables plaies du système n’ont jamais suscité de grève. Et pourtant, elles sont inquiétantes et méritent qu’on s’y penche.

Le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement technique et de la formation technique est l’un des secteurs en Côte d’Ivoire où les attentes restent toujours persistantes. Si les lignes ont bougé en 10 ans, pour les acteurs, le plus gros chantier reste le contenu et la manière d’enseigner.

Il faut arrêter, disent-ils, de faire de l’école une sphère pour les expériences. «Au début, on nous a parlé de la pédagogie par objectifs (PPO), ensuite ça a été la formation par compétences (FPC), puis l’approche par compétences (APC). Et ça a été la cacophonie. Les enseignants ne se retrouvent plus dans toutes ces approches. Résultat: les cours sont mal dispensés. Le niveau des élèves est faible», note Ekoun Kouassi, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Synesci).

Formation

Pour Kokounseu Made Benson, pédagogue-formateur, le but du gouvernement est de toujours proposer la meilleure manière d’enseigner. «La PPO est basée sur les échanges entre l’enseignant et l’élève. Avant de commencer un cours, par exemple, l’enseignant fixe des objectifs à atteindre. L’élève doit être capable d’écrire, où de lire ou de faire une multiplication à deux chiffres, etc.  Quand on est passé à la FPC, il s’agissait d’être pragmatique», note-t-il.

Avec la FPC, le but était que l’élève utilise, dans son quotidien, ce qu’il apprend à l’école. Au niveau de l’APC, le but était d’impliquer beaucoup plus l’élève. Par exemple, on fait des exercices qui prennent en compte le vécu de l’enfant. Mais, ce n’est pas tout. Il y a en ce moment le contrat d’objectif et de performance (COP). Cet autre programme amène les établissements scolaires à fonctionner comme une entreprise, selon Kokounseu Madé Benson. Le chef d’établissement va utiliser son leadership, celui de ses enseignants, pour atteindre un résultat scolaire satisfaisant.

Programme

Trop de programmes qui sèment la confusion. Il est tant, note Ekoun Kouassi, de choisir une seule approche et de s’y conformer. Et il n’a pas tort, reconnaît M. Madé Benson. «Il est vrai que cela rend l’enseignement difficile, parce que les enseignants n’ont pas le temps d’être formés à toutes ces réformes», signale le pédagogue.

Il y a même un nouveau programme qui est en expérimentation à Soubré et Divo. Le programme d’enseignement ciblé (PEC). Avec le PEC, les enfants sont regroupés par difficultés (en lecture, en mathématiques, etc.) Selon leurs difficultés, on les met dans des salles pour faire des cours.  «Aujourd’hui, on a supprimé la dictée pour la remplacer par la dictée lacunaire. On fait un texte avec des fautes, ensuite on demande à l’enfant de le corriger. Mais cela ne donne pas de bons résultats. Qu’on revienne à la PPO», note le leader du Synesci. 

Le contenu et l’approche, pour les acteurs, sont la plaie au sein de l’éducation nationale. Un problème qui revient à tous les gouvernements.

En plus de cela, les enseignants demandent une amélioration de leurs conditions de travail. Notamment, la réduction des effectifs pléthoriques.

Raphaël Tanoh

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