Élection du Mauritanien Sidi Ould Tah à la tête de la BAD : le pari gagnant de Ouattara

par nordsud.info
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siège de la bad abidjan

Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD) avec 76,18 % des voix. Un plébiscite soutenu par la Côte d’Ivoire et le président Alassane Ouattara.


Un nouveau visage pour la BAD

Après l’énergique homme au noeud papillon, le timide Monsieur à la cravate. Après les High 5 d’Akinwumi Adesina : nourrir, éclairer, intégrer et industrialiser l’Afrique, mais aussi améliorer la qualité de vie des Africains, place aux 4 points cardinaux de Sidi Ould Tah : réformer l’architecture financière africaine, transformer le dividende démographique en puissance économique, industrialiser le continent tout en valorisant ses ressources naturelles et mobiliser les capitaux à grande échelle.

Le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD)

Le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD) ce 29 mai 2025, à l’issue du troisième tour de scrutin organisé à Abidjan, avec une écrasante majorité de 76,18 % des voix. Il devient ainsi le 9e président de l’institution panafricaine pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Cette victoire, l’une des plus nettes dans l’histoire de la BAD, illustre un large consensus africain autour de sa candidature, soutenue notamment par la Côte d’Ivoire, pays hôte de l’élection et siège de la BAD, et par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.


Modus operandi de l’élection

L’élection à la tête de la BAD repose sur un système de double majorité : le président doit recueillir à la fois la majorité des voix des pays membres régionaux (africains) et celle des pays membres non-régionaux (non-africains). Ainsi, les votes des pays africains et ceux des membres non-africains sont comptabilisés séparément, chaque groupe devant approuver le candidat pour qu’il soit élu. Cette règle garantit un équilibre entre les intérêts du continent africain et ceux des partenaires internationaux, qui détiennent une part significative du capital de la banque. Les critères de l’élection incluent également que la voix de chaque pays est proportionnelle à sa part dans le capital de la banque.


Un plébiscite

Sidi Ould Tah, ancien ministre de l’Économie et président sortant de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a su rassembler une coalition solide parmi les pays africains avec un score fleuve avec 72,37 % des suffrages africains, ce qui lui a permis de devancer largement ses adversaires, notamment le Zambien Samuel Munzele Maimbo (20,26 %) et le Sénégalais Amadou Hott (3,55 %). Son succès marque une volonté claire du continent de renforcer son leadership à la tête de cette institution stratégique, dans un contexte où les enjeux de développement, de souveraineté financière et de réforme institutionnelle sont cruciaux.

Sidi Ould Tah a également bénéficié d’un soutien important parmi les pays non-africains membres de la BAD, grâce à sa réputation de gestionnaire rigoureux et à son expérience reconnue dans la mobilisation de financements. Cette double assise, africaine et internationale, a été déterminante dans sa victoire finale.


Victoire de la diplomatie ivoirienne

Alassane Ouattara, a salué l’appui apporté par la BAD à la Côte d’Ivoire au cours des dix dernières années.
Alassane Ouattara, a salué l’appui apporté par la BAD à la Côte d’Ivoire au cours des dix dernières années.

Cette élection est également une victoire diplomatique majeure pour la Côte d’Ivoire. En tant que pays hôte, la diplomatie ivoirienne a joué un rôle déterminant dans l’organisation du scrutin et dans le soutien à la candidature de Sidi Ould Tah, malgré certaines critiques sur la neutralité attendue. Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui avait publiquement salué le bilan d’Akinwumi Adesina et appelé à la poursuite de la dynamique positive, voit ainsi sa diplomatie récompensée par l’élection d’un candidat qu’il soutenait.

« Ses différentes expériences lui ont permis de développer une expertise qui sera précieuse. Il représente un grand espoir pour l’Afrique. Compte tenu du contexte international complexe, nous avons plus que jamais besoin de mobiliser des financements. Nous sommes persuadés qu’il y parviendra. »,
a souligné Nialé Kaba, ministre ivoirienne de l’Économie et du Plan et présidente du conseil des gouverneurs de la BAD, selon Jeune Afrique.


Un mandat sous haute responsabilité

Dans son discours d’après-élection, Sidi Ould Tah a exprimé sa gratitude envers l’Afrique pour la confiance placée en lui et a lancé un appel à l’action :
« Now, it’s time to go to work. I’m ready » (« Maintenant, au travail. Je suis prêt »). Il hérite d’une institution solide, mais devra relever de nombreux défis, notamment le désengagement financier de certains bailleurs traditionnels, la nécessité de mobiliser davantage le capital africain et la gestion des tensions géopolitiques qui impactent le développement du continent.

Cette élection ouvre un nouveau chapitre pour la BAD, avec l’espoir d’une gouvernance renforcée et d’une Afrique plus souveraine dans la conduite de son développement économique.


Par Charles Assagba

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