Depuis 2022, le rapport des états généraux de l’éducation nationale est aux mains des autorités. Il pose clairement le diagnostic des maux qui minent l’école ivoirienne. Mais trop de lenteur dans la mise en œuvre… Du coup, certains acteurs exigent un chronogramme précis.
Depuis début août, les directeurs d’écoles sont autorisés à participer aux activités syndicales dans leurs différents établissements. Chose qui leur avait été interdite, il y a quelques années, après une série de grèves intempestives dans le milieu. La pression des Directeurs d’école a donc payé malgré les réticences. Si la mesure réjouit, le constat c’est qu’il s’agit d’une doléance consignée dans le rapport final des états généraux de l’éducation nationale, remis au gouvernement en octobre 2022. Est-ce le signe que l’Etat a déjà entamé la mise en œuvre du contenu dudit rapport ? Ce n’est pas le cas, répond Attaby Pacôme, président la Coalition des syndicats du secteur public de Côte d’Ivoire (Cssp-CI). Puisque, dit-il, « depuis deux ans, les acteurs attendent impatiemment un chronogramme clair de mise en œuvre des résolutions des états généraux de l’éducation nationale. Jusque-là, aucune réponse. »
Effectifs pléthoriques, personnel enseignant insuffisant
Le rapport des états généraux aborde les questions liées à la pénurie d’enseignants dans les établissements, aux effectifs pléthoriques des élèves dans les salles de classes, au manque de matériels pour les travaux pratiques, etc. « Il y a aussi des doléances à caractère financier, comme la prime d’incitation. Vu le nombre important des points mentionnés dans le rapport, nous sommes conscients qu’ils ne peuvent tous être résolus en même temps. Ce que nous demandons, c’est une communication autour de sa mise en œuvre. Cela fait deux ans que le document a été remis à la Primature », fait savoir Attaby Pacôme.
À ce sujet, les directeurs d’écoles sont partagés. D’après Jérôme Ourizalé, directeur d’école et Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (SAEPP-CI), la ministre de l’Education nationale décide chaque année, de faire appliquer l’une des doléances contenues dans les états généraux. « Il y a eu d’abord le retour de la dictée à l’école, qui faisait partie des points de discussions. Cette année, elle a décidé de nous autoriser à participer aux activités syndicales. Et nous attendons sa réunion de rentrée ce lundi pour voir si d’autres décisions seront prises », informe Jérôme Ourizalé.
Primaire
Un chronogramme de mise en œuvre du rapport ? Impossible, selon lui, à cause de l’étendue des maux consignés dans le document. « Nous demandons juste de prendre en compte les points essentiels. Il s’agit de la suppression des cours le mercredi et l’octroie de la prime d’incitation aux enseignants. Avec ces deux points, la ministre ramènera la paix à l’école pour toujours. Parce que le primaire regroupe plus de travailleurs, avec environ 115 000 salariés. Administratifs comme instituteurs. C’est nous qui représentons le système », souligne M. Ourizalé.
Mais il n’y aura aucun chronogramme de mise en œuvre du contenu du rapport sur les états généraux de l’école. C’est du moins ce qu’indique un proche collaborateur de la ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation. « Avant même que le rapport ne soit remis au Premier ministre, il y a certains points tels que la dotation des Directions régionales de l’éducation nationale en véhicules, qui étaient déjà appliqués. Pareil pour la construction de salles de classe et la politique de recrutement d’enseignants. Le contenu de ce rapport sera mis en œuvre au fur et à mesure, et s’étendra certainement sur plusieurs années. Des enseignants se plaignent uniquement parce qu’ils ne sont intéressés que par l’argent. Les primes d’incitation. Mais ces primes qu’ils demandent ne relèvent pas de la ministre », poursuit notre interlocuteur.
Tout comme Jérôme Ourizalé, il donne rendez-vous aux acteurs ce lundi, lors de la grande réunion de rentrée au lycée moderne d’Anyama.
Georges DAGOU
