Exploitation des gisements: À quand l’autonomie?

par NORDSUD
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Après le gisement pétro-gazier Baleine et Calao identifié et exploité par l’entreprise italienne ENI, le gisement aurifère Koné Gold découvert et mis en valeur par le Groupe Minier canadien, Montage Gold, le vivier de ressources minières s’est enrichi avec la découverte d’un nouveau gisement de coltan, minerai stratégique dans la fabrication des appareils électroniques, notamment, des téléphones. Annoncé, lors du conseil des ministres du 22 mai, l’annonce de la découverte, sur le permis de recherche n° 741 d’un gisement économiquement exploitable de colombo-tantalite dans le Département d’Issia par la Société pour le Développement Minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI) est un coup d’éclat pour le pays qui aspire à faire du secteur minier, le second pilier d’une économie ivoirienne dont le succès repose sur l’agriculture. Fruit des « connaissances géo-scientifiques du sous-sol activées par les travaux de recherches et d’exploration minières » menées par la SODEMI dans le cadre de la vision stratégique du gouvernement ivoirien, cette implication de l’entreprise publique ivoirienne dévolue aux mines dans la découverte de ce minerai illustre une réelle volonté de la Côte d’Ivoire de détenir une expertise locale pour l’exploitation de ses ressources.

Dans un communiqué de presse, le Directeur Général de la SODEMI, a par ailleurs salué l’implication de l’expertise des ressources humaines locales particulièrement dans l’identification de ce gisement. « La persévérance dans l’action positive de nos équipes a abouti à la découverte du gisement économiquement exploitable de colombo-tantalite. C’est avec un grand soulagement et une joie immense que nous avons accueilli la décision du Conseil des Ministres du 22 mai 2024 qui a adopté un décret autorisant la prise de participation financière de la SODEMI au capital social de la Société dénommée Ivoire Coltan », a-t-il souligné dans une circulaire.

Si la découverte du gisement de coltan par la SODEMI est un pas de géant dans la mise en valeur de l’expertise ivoirienne dans le secteur minier, la dépendance de la Côte d’Ivoire vis-à-vis d’autres pays pour l’exploitation du gisement et la structure actionnariale du projet illustre qu’il y a encore du pain sur la planche. De fait, la SODEMI, titulaire du permis d’exploitation, a conclu un accord de partenariat avec une société à capitaux chinois, pour la constitution d’une société de droit ivoirien dénommée Ivoire Coltan (IC), d’un capital social projeté de 600 millions de francs CFA, destinée à la mise en valeur du gisement. Conformément au Code Minier, ce décret autorise la prise de participation financière de la SODEMI, au capital social de la société IC à hauteur de 306 millions de francs CFA, soit 30.600 actions d’une valeur nominale de 10.000 francs CFA, représentant 51% du capital social de la société IC.
Le reste des actions est prévu pour être détenu par l’Etat à hauteur de 10% et le partenaire chinois 39%, correspondant à une participation financière publique globale de 61%.  En outre, les travaux de la SODEMI ont d’ores et déjà permis l’installation en Côte d’Ivoire, d’entreprises minières opérant dans les commodités telles que l’or, le manganèse, le nickel, et la bauxite, explique le communiqué. Dans cette droite ligne, la société dit porter de grands espoirs dans les projets de construction de l’usine d’affinage d’or, les recherches de nickel Cobalt à Kaniasso, le Molybdène à Boundiali et le Lithium à Sakassou et Guiglo.

Charles Assagba

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