Financement des médias : La méthode Méité Sindou à la tête de l’ASDM

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 163 vues
Journaliste de profession, Méité Sindou, toujours soucieux de l’avenir des médias ivoiriens.

Depuis sa création en 2023, l’Agence de soutien au développement des médias (ASDM) s’impose comme le bras opérationnel d’une réforme ambitieuse de l’aide publique aux médias en Côte d’Ivoire. Héritière du Fond de soutien et de développement de la presse, cette publique s’appuie sur une approche nouvelle, fondée sur la transparence, la structuration et l’ancrage culturel ivoirien.

Un cadre réformé pour un soutien ciblé

Entre 2009 et 2021, l’État a investi près de 15 milliards de francs CFA dans l’aide aux médias. Depuis 2022, ce sont plus de 3,5 milliards qui ont été mobilisés. Mais au-delà des montants, c’est l’architecture du soutien public qui a été repensée.

 « Le décret de création de l’ASDM précise que l’ASDM fait des propositions, puis le ministère de la Communication, de concert avec celui des Finances, prend un décret interministériel pour arrêter les conditions d’accès au guichet », explique Méité Sindou, directeur général de l’ASDM lors de la tribune « Tout savoir sur », organisé par le gouvernement ivoirien, ce 25 juin 2025.

L’accès à ces financements repose désormais sur des conditions réglementaires strictes : régularité sociale et fiscale, pertinence des projets et conformité aux critères définis par sous-secteur. Les projets au sujet desquels sont formulés les requêtes de financement peuvent petre soumis par dépôt physique ou numérique.

Une plateforme d’instruction digitale permet de traiter les dossiers de façon transparente. « Les avis de refus ou d’agrément sont motivés. Les soumissionnaires peuvent suivre en toute transparence leurs propositions », insiste Méité Sindou.

Une fois les projets présélectionnés, ils sont soumis à un conseil de gestion indépendant, composé de représentants des ministères compétents et des organisations professionnelles du secteur. « Le Conseil délibère en session pour statuer sur l’octroi des aides », précise-t-il.

Structurer avant tout

L’ASDM assume une ligne claire, en l’état actuel : ne pas accompagner les journalistes indépendants ou les créateurs de contenus non formellement constitués. « Nous avons besoin de sécuriser nos accompagnements. On veut pouvoir contrôler l’efficacité des subventions. Il faut toutefois que la législation évolue pour toucher ces acteurs, et nous y travaillons», reconnaît le DG.

Car la priorité est donnée à la structuration du secteur, aux médias formels, qu’ils soient publics ou privés, et aux producteurs ivoiriens inscrits dans une logique de professionnalisation.

« L’ASDM a été créée pour soutenir notre socle culturel ivoirien. La Côte d’Ivoire a engagé un processus de transformation structurelle, et elle a une voix en Afrique et dans le monde. Notre premier critère, c’est l’accompagnement de notre vécu ivoirien », affirme Méité Sindou en lien avec la 3è édition du Salon international du contenu audiovisuel (SICA) dont il est vice-président chargé de la valorisation des talents.

Cartographier les besoins, bâtir une offre de formation

Autre axe stratégique de l’ASDM : le renforcement des compétences. Une série d’études approfondies sur les besoins de formation dans le monde des médias ivoirien est en cours pour dresser une cartographie précise des mutations en cours, sous-secteur par sous-secteur.

 « Si on n’a pas une bonne cartographie, il ne nous sera pas possible de mettre en place un cadre de formation adéquat. On bâtira ensuite un plan de formation avec l’assentiment de toutes les faîtières et professionnels pour adresser les besoins », assure Méité Sindou.

Par ailleurs, un programme spécifique sur les récepteurs de l’information sera lancé pour renforcer la capacité des citoyens à distinguer l’information fiable de la désinformation.

Dans sa démarche l’ASDM noue des partenariats avec des instituts de formations en vue de leur offrir des accompagnements et dans une démarche structurelle des appoints de formations. Des analyses des curriculas de formations des professionnels du secteur en devenir, pensionnaires de ces écoles ont été commandités par l’ASDM.

L’ambition ? Soutenir ces institutions dans l’adaptation de leurs contenus de formation face aux évolutions des métiers du 4è pouvoir et de l’audiovisuel.

Charles Assagba

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