SICA 2025 : Le rôle central de l’ASDM

par nordsud.info
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Le Salon international du contenu audiovisuel (SICA), à sa troisième édition, s’impose comme un marché régional de référence pour les contenus audiovisuels et cinématographiques en Afrique. Véritable carrefour professionnel, il réunit producteurs, diffuseurs, institutions et talents pour repenser ensemble l’avenir du secteur, sous le thème : « Souveraineté numérique et exportation des récits : bâtir un marché audiovisuel africain compétitif et globalisé ».

Prévu du 26 au 28 juin 2025 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, le SICA confirme sa vocation à positionner la Côte d’Ivoire comme un acteur clé de la production et de la distribution de contenus à l’échelle continentale. Avec plus de 300 professionnels, 100 intervenants, 25 pays représentés et 30 sponsors, le salon catalyse les synergies entre créativité locale et exigences du marché global.

Le thème de cette année annonce clairement la couleur. Pour Amadou Coulibaly, ministre ivoirien de la Communication, « nos histoires doivent être racontées par nous-mêmes, avec nos sensibilités et notre génie créatif ». Une déclaration qui résume l’esprit du salon : redonner aux créateurs africains le pouvoir de façonner leurs propres récits, avec les outils du présent.

L’État en appui à une structuration durable

Fait notable, contrairement à la plupart des salons de cette envergure — le MIP Africa et l’ancien DISCOP — portés par des initiatives privées, le SICA bénéficie d’un fort soutien public. Un choix assumé par les autorités ivoiriennes. « En général, ce type de salon est organisé par le secteur privé, mais l’État de Côte d’Ivoire a choisi de soutenir les professionnels pour plusieurs éditions afin de consolider cet espace et ce marché », explique Anna Ballo, vice-présidente du comité scientifique du salon, à la tribune « Tout savoir sur », tenue ce 24 juin.

C’est dans ce cadre que l’Agence de soutien au développement des médias (ASDM) joue un rôle structurant. Créée en 2023 sur les cendres du Fonds de soutien et de développement de la presse (FSDP), elle élargit aujourd’hui ses missions à l’ensemble de l’écosystème médiatique (médias imprimés, numériques, télévisions privées, producteurs audiovisuels).

« L’ASDM s’occupe à ce sujet de la presse écrite, la presse numérique, les producteurs audiovisuels et la télé privée. Dans le cadre de nos missions en lien avec l’audiovisuel, nous participons à structurer le SICA », souligne Méité Sindou, directeur général de l’ASDM et vice-président du salon chargé de la valorisation des talents.

Depuis 2023, 400 millions de francs CFA ont été investis pour renforcer cet accompagnement, en particulier dans la production audiovisuelle, en vue de soutenir les faîtières, les organisations professionnelles des acteurs de l’audiovisuel et les producteurs dans leurs processus créatifs.

Sur le SICA, l’ASDM a pour mission de « proposer un mécanisme de valorisation des talents, de proposer donc des prix qui vont récompenser des initiatives d’excellence dans le secteur », a précisé son DG, Méité Sindou. Trois dispositifs phares traduisent cette ambition. Le concours de pitch, lancé dès la première édition, récompense les meilleures idées de projets audiovisuels. Le SICA Business Hub, destiné aux porteurs de projets plus avancés, leur propose de produire un pilote diffusé dans un espace dédié, afin d’attirer l’attention d’acheteurs, de diffuseurs ou d’investisseurs. La récompense des flux audiovisuels, nouveauté 2025, distingue les meilleurs programmes diffusés sur les chaînes nationales de la TNT, à travers quatre catégories. À cet effet, RTI 1, RTI 2, La 3, NCI, Life TV, A+ Ivoire et 7info, les différentes chaînes de la TNT en Côte d’Ivoire, seront en lice pour ces distinctions.

Une dynamique panafricaine

Cette édition 2025 s’inscrit dans une dynamique résolument panafricaine, avec la présence attendue de délégations du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et du Kenya. L’enjeu : favoriser la création d’un marché intégré, capable de rivaliser avec les géants mondiaux comme Netflix ou Nollywood.

La programmation inclut des tables-rondes sur les technologies immersives, des ateliers autour de l’intelligence artificielle — perçue comme un levier pour « facilement véhiculer nos récits et présenter nos narratifs », selon Anna Ballo —, ainsi que des espaces de networking pour les startups technologiques.

Le salon s’articulera autour de trois axes majeurs. Rencontres professionnelles avec tables-rondes et ateliers sur les technologies immersives (réalité virtuelle, IA) et stratégies de distribution multiplateformes. Visionnage de pilotes de séries, documentaires et films inédits, avec un accent sur les coproductions transafricaines. Networking ciblé entre créateurs, institutions et financeurs.

En clôture, la journée du 28 juin sera consacrée à la promotion des sites touristiques ivoiriens adaptés aux tournages. Une initiative pour faire d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire des destinations stratégiques de production cinématographique sur le continent.

Charle Assagba

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