Flintlock a été lancé dimanche 21 février 2022 à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme à Jacqueville, en Côte d’Ivoire par le contre-amiral Jamie Sands, commandant des opérations de l’armée américaine en Afrique. L’opération va se poursuivre jusqu’au 28 février. Il s’agit d’un exercice militaire et policier annuel, initié par l’armée américaine depuis 2005, annulé l’année dernière en raison de la pandémie. Il réunit, pour cette édition en format réduit, plus de 400 militaires d’une dizaine de pays, dont quatre pays africains : le Ghana, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Ils effectueront des manœuvres conjointes au cours de ce grand exercice militaire multinational, annuel en Afrique de l’Ouest et qui se tient pour la première fois en Côte d’Ivoire.

Face aux défis sécuritaires dans la région, cet exercice est basé sur l’échange de compétences et la construction d’une relation de confiance et la nécessité pour les armées nationales de combattre efficacement contre les groupes extrémistes violents. Devant quelque 200 soldats rassemblés en ligne, le contre-amiral Jamie Sands, commandant des opérations spéciales de l’armée américaine en Afrique, a placé en tête des priorités l’échange d’informations et de renseignements entre les armées. Dans un discours plus politique, l’ambassadeur américain en Côte d’Ivoire, Richard Bell, a mis en garde contre les violations des droits de l’homme par les forces de sécurité, et a fait du soutien des populations aux forces armées, «la règle numéro 1» de la contre-insurrection. « La menace est réelle et comme je l’ai dit, la clé de la réussite, c’est d’avoir le soutien de la population. Il y a donc beaucoup d’éléments de professionnalisme qui méritent d’être développés. Il est très difficile d’accomplir la tâche des forces armées en situation de conflit contre un ennemi qui ne respecte aucune loi, aucune règle ni valeur», a souligné le diplomate américain.
Quant au chef d’état-major des armées de Côte d’Ivoire, le général Lassina Doumbia, il a confirmé cette menace terroriste grandissante. Il a promis que le pays se prépare à faire face. «Il ne sert à rien de se voiler la face. Aucun de nos pays n’est désormais à l’abri. Il faut faire face. Et nous prenons donc désormais en compte cette nouvelle donne dans notre planification, dans l’organisation de notre dispositif et évidemment dans toute la montée en puissance qui va s’ensuivre», a-t-il assuré.
Bakayoko Youssouf
