Gbagbo, Soro, etc. : Pourquoi Ouattara ne doit pas céder

par NORDSUD
Publié: Dernière mise à jour le 108 vues

La Côte d’Ivoire est partagée entre décrispation du climat politique et impunité. Le Président de la République, Alassane Ouattara, l’a toujours souligné : ce n’est pas aux Ivoiriens, mais aux leaders politiques de se réconcilier. Et à l’approche de la présidentielle de 2025, Alassane Ouattara multiplie les actions allant dans ce sens. S’il ne cesse de démontrer sa vision d’une Côte d’Ivoire plus mature, plus démocratique et plus apaisée, selon les organisations de défense des droits de l’homme, le Chef de l’Etat ne doit pas totalement céder aux enjeux de la paix. « Il faut être de mauvaise foi pour ne pas constater que le climat politique est en train de se décrisper de jour en jour en Côte d’Ivoire. Le coup de fil entre le Président de la République et l’ancien Premier ministre Guillaume Soro en est la preuve. Avant cela, il ne faut pas oublier la libération des prisonniers politiques », mentionne Drissa Bamba, Président du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh). Avant d’ajouter : « La seule chose sur laquelle nous insistons, ce sont les victimes ».

Prisonniers

Selon lui, autant l’esprit de paix du Chef de l’Etat est à saluer, autant certains acteurs politiques ne sont pas pardonnables, pour les actes qu’ils ont posés. Un point de vu partagé par Neth Willy Alexandre, le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho). « La libération des prisonniers a été motivée par la réconciliation, certes, mais ce n’est pas la première fois que cela arrive en Côte d’Ivoire. Nous avons eu un acte similaire après la crise militaro-politique de 2002. Cela n’a pas empêché la survenue de la crise politique en 2010. L’amnistie en 2018 n’a pas également permis d’éviter la crise politique de 2020. Nous savons que le Président de la République œuvre pour un climat politique apaisé. Mais, au vu de cela, nous disons que le vrai levier pour une Côte d’Ivoire totalement réunifiée, c’est la justice », signale Neth Willy Alexandre. Le Président de la Lidho insiste notamment sur le cas Laurent Gbagbo. « Nous ne sommes pas contre une probable loi d’amnistie pour Gbagbo. Mais si cela arrivait, le timing ne serait pas bien choisi. Et ses partisans diront par exemple que c’est Gbagbo qui est le plus fort, parce qu’il a fait céder les autorités. Et le message que cela enverrait aux autres c’est qu’il peuvent commettre des actes répressibles et compter plus tard sur une loi d’amnistie pour s’en tirer», fait-il savoir. Alors, pour les organisations de défense de droits de l’homme, la Présidentielle de 2025 n’est pas une excuse pour tout pardonner.  

Georges Dagou

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