Hausse des prix: Les vraies raisons

par nordsud.info
69 vues

La farine, le lait, l’huile de palme raffinée, le riz, la viande, les matériaux de construction, les poissons frais et congelés et même les bouillons culinaires, connaissent en ce moment une hausse des prix. Après la visite de terrain du Conseil national de lutte contre la vie chère (Cnlvc) pour constater cette flambée, les consommateurs sont montés au créneau ce mardi 22 février 2022 pour interpeller le gouvernement.

Selon Koffi Jean-Baptiste, le président des organisations de consommateurs, il est temps pour l’Etat d’agir. Il propose la modification du décret relatif à la règlementation de la concurrence et des prix. D’après ce document, l’Etat ne peut agir que sur les prix d’une poignée de produits, à savoir le gaz, l’eau et l’électricité, les fournitures scolaires, les médicaments. Eh bien, vu la flambée généralisée, Koffi Jean-Baptiste propose d’étendre cette liste à d’autres produits. «Les organisations de consommateurs souhaitent y voir lister tout ce qui rentre dans leur consommation de tous les jours à savoir la farine boulangère, le pain baguette, le poisson faux-thon, la viande de bœuf et de mouton, l’huile de table raffinée, le riz local, les vivriers, etc. », a signifié M. Koffi ce mardi, au cours d’une conférence de presse animée au Plateau.

Là où Dr Ranie-Didice Bah-Koné, secrétaire exécutif du Cnlvc appelle à une responsabilité des commerçants qui s’adonnent à de la surenchère sur certains produits, les consommateurs demandent une plus grande implication de l’Etat.

«La hausse de certains produits est saisonnière. C’est le cas dans le vivrier. Nous demandons au gouvernement d’y remédier avec des actions à moyen et long terme, parce qu’il en a les moyens», ajoute Koffi Jean Baptiste.

Les raisons d’une hausse

En effet, selon Baya épouse Vanié, présidente de la Confédération nationale des acteurs du vivrier de Côte d’Ivoire, en dépit de nombreuses coopératives agricoles, la tomate, le piment, l’oignon, l’aubergine, les haricots verts sont importés, à un moment donné de l’année. Entre le mois de décembre et celui de juin, les Ivoiriens consomment en réalité de la tomate et du piment en provenance du Burkina Faso. «Aujourd’hui, le transport est venu aggraver la situation. Je vais chercher mes marchandises à Zuénoula. Pour un camion de 20 tonnes, je dépense comme transport, la somme de 500 000 FCFA, sans compter les frais annexes. Malheureusement, lorsqu’on arrive, il n’y a pas assez de produits à disposition, à cause de la saison. Pour rentabiliser notre activité, nous sommes obligés d’augmenter les prix», explique-t-elle.

La viande ? Selon Abdouramane Diarra, le président des bouviers de Côte d’Ivoire, la situation s’est empirée avec le coup d’Etat au Mali. «Depuis que les frontières sont fermées, on n’arrive plus à faire venir les bêtes en Côte d’Ivoire. Ceux qui y arrivent, le font clandestinement. C’est pour cela que le prix du kilogramme de viande a augmenté et il va encore augmenter si on ne fait rien», ajoute-t-il.

Contrôle des prix

À cela, il faut ajouter la hausse du cours mondiaux de certains produits, au dire de Dr Ranie-Didice Bah-Koné.

L’augmentation du prix du baril de pétrole, la sécheresse, la Covid-19, la crise au Mali, la surenchère…L’Etat peut-il agir sur autant de leviers, pour inverser la tendance ? Pour les consommateurs, il faut commencer par ce qui est faisable. «L’une des solutions est d’agir sur les taxes pour réduire les prix de certains produits», propose Marius Comoé, président du Conseil national des organisations de Côte d’Ivoire (Cnoc-ci). À côté de cela, à l’entendre, il faudra enrailler la surenchère. «C’est le rôle des structures de contrôle des prix qui doivent faire leur travail», insiste M. Comoé.

Parmi les actions à long terme, revient l’autosuffisance alimentaire. Au niveau du vivrier, seule la modernisation de l’agriculture permettra, selon Mme Vanié, de mettre fin à la flambée saisonnière des prix.

Pour Abdouramane Diarra, le jour où la Côte d’Ivoire arrivera à améliorer son élevage en bœufs et en moutons, le prix du kilogramme de viande ne sera plus un sujet d’intérêt national. «On l’a réussi avec le poulet», indique-t-il, à titre d’exemple.

Raphaël Tanoh

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00