Le Conseil National des Droits de L’Homme en Côte d’Ivoire (CNDH-CI) a sacrifié à la traditionnelle remise de son rapport annuel au Président de la République. Le représentant de circonstance du chef de l’Etat, Gilbert Kafana Koné par ailleurs ministre auprès du Président de la République chargé des Relations avec les institutions, a reçu, le rapport annuel 2020 , ce mardi, des mains de Namizata Sangare, Présidente du CNDH-CI.
Sur l’exercice 2020, les statistiques du rapport soulignent le traitement de 1 287 dossiers sur les 1 765 saisines initiales. Réparti au prorata des typologies de saisines, le document souligne 325 plaintes relatives aux VBG dont 152 cas de viol, 950 cas au titre des droits civils et politiques, 800 cas relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels, et 15 cas concernant des droits de solidarité.
‘’Le rapport fait observer que des obstacles liés au traitement de la question demeurent, notamment le paiement des frais du certificat médical. En cas de viol, la victime devra prouver cela via un certificat médical dont les frais freinent certaines femmes ou jeunes’’, note le rapport sur la question des violences basées sur le genre.
Relativement aux conditions qui ont prévalu parallèlement à la présidentielle de 2020, le rapport a mis en lumière «un contexte de violences perpétrées par les militants et sympathisants de l’opposition durant le processus, avec un mot d’ordre de désobéissance civile lancé par l’opposition. Cette désobéissance civile qui a boudé la présidentielle d’octobre 2020, en dépit des garanties de transparence données par la Commission électorale indépendante (CEI) avait fait plusieurs victimes et causé d’énormes dégâts matériels à travers le pays».
Au menu du contrôle du pluralisme dans les médias audiovisuels de service public, le CNDH a mis en exergue l’analyse des rapports mensuels de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). «Il ressort que le RHDP, le parti au pouvoir a bénéficié de plus de temps d’antenne que ceux de l’opposition, soit 8 h 22 mn 40 s contre 51mn16s pour le PDCI-RDA et 9 mn 08 s pour le FPI», note le régulateur. Un pan du rapport s’est penché sur le télé-enseignement.
«Jugé pertinent par 53,23% des enquêtés, le télé-enseignement par des cours en ligne était estimé inaccessible par 18,20% de la population cible, alors que 48,11% de l’échantillonnage avait accès via la RTI». Sur le volet de la Justice, notamment au niveau international, le rapport relève que ‘’ la Côte d’Ivoire a retiré sa déclaration de compétence à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp) pour connaître des recours introduits par les ONG et les individus contre l’État’’.
Au pupitre, le représentant du Président de la République, Gilbert Kafana Koné, a traduit son satisfécit au CNDH.
Charles Assagba
