L’etat-major francais a indiqué mardi 12 octobre 2021 que la force Barkhane a débuté la phase finale du transfert de la base de Kidal, dans le nord du Mali, vers la force des Nations unies, et de l’armée malienne. « Le transfert vers la Minusma et les forces armées maliennes sera définitif d’ici une dizaine de jours », a ajouté le porte-parole en insistant sur « l’étroite collaboration avec les autorités et l’armée » du Mali. Cette grande manœuvre logistique au Mali intervient après la décision d’Emmanuel Macron de réduire de moitié les forces déployées depuis 2013. En quittant l’emprise, Barkhane place les forces maliennes (Fama) devant leurs responsabilités.
En 2022, il ne restera qu’entre 2 500 et 3 000 soldats français au Sahel ; ils sont actuellement 5 200. La première phase de ce retrait partiel concerne les bases septentrionales de Tessalit, Kidal et Tombouctou que les forces françaises vont quitter et rétrocéder aux militaires maliens (les FAMA) ou aux Casques bleus de la MINUSMA.
Désengagement organisé. Cette manœuvre logistique complexe comporte 9 phases. Il s’agit d’abord de vider les stocks de carburant et dépolluer les sites à rétrocéder en coordination avec les futurs occupants. Il faudra ensuite régler d’éventuels conflits juridiques et résilier les contrats passés avec des entreprises locales. La phase 5 pourra alors démarrer avec le transfert des matériels par convoi routier.
Les matériels évacués de ces trois bases seront rassemblés à Gao où 60 000 m2 de stationnement, de maintenance et de stockage sont en cours d’aménagement. Ce site servira donc de gare de triage où sera décidé si ces matériels seront détruits, cédés aux forces partenaires africaines ou internationales, réaffectés à des unités françaises d’Afrique ou renvoyés en métropole.
Le transfert des sites du nord du Mali s’inscrivant dans une manœuvre plus globale de redéploiement des moyens français au Sahel, les dernières phases verront le transit routier des convois vers Niamey pour une partie, mais principalement vers les ports d’Abidjan, Cotonou et Douala. Un tel transit via des axes difficiles pourra prendre jusqu’à deux semaines par convoi.
Avant l’embarquement sur des navires affrétés par le ministère des Armées et à destination des ports de Toulon ou de La Rochelle, les douanes françaises procéderont à des contrôles et tous les matériels partants seront désinfectés.
Cette manœuvre de réarticulation, qui verra donc plus de 2 500 soldats quitter l’Afrique, va être opérée alors que les activités des forces françaises se poursuivent et ne cesseront pas : opérations de combat contre les groupes armés terroristes, soutien aux commandos européens de la Force Takuba, formation des forces maliennes et assistance aux unités onusiennes.
Bakayoko Youssouf
