Le Président de la transition malienne, Assimi Goïta, a échappé à une tentative d’agression au
couteau à la grande mosquée de Bamako, mardi matin, durant le rite musulman de l’Aïd al-Adha
(Fête de la tabaski). «C’est après la prière et le sermon de l’imam, au moment où l’imam devrait aller
immoler son mouton, que le jeune a tenté de poignarder Assimi (Goïta) de dos, mais c’est une autre
personne qui a été blessée», a confirmé à l’AFP Latus Touré, régisseur de la mosquée.
Epinglé en flagrant délit, l’assaillant a été interpellé par la garde rapprochée du numéro un de la
transition. Le commissaire principal Sadio Tomoda, du 3e arrondissement de police de Bamako a
indiqué au journal français Le monde, que l’agresseur est un enseignant. Quant au présumé complice
sur lequel la garde présidentielle avait mis le grappin, il aurait été relaché dans la foulée.
A en croire, le commissaire, il s’agissait en fait d’un membre des forces spéciales, armé d’un pistolet,
que la garde présidentielle n’avait pas reconnu comme tel dans le feu de l’action.
«Je vais très bien. (…) Quand on est leader, il y a toujours des mécontents, il y a des gens qui à tout
moment peuvent vouloir tenter des choses pour déstabiliser, tenter des actions isolées», tels ont été
les premiers mots d’Assimi Goita, à la télévision nationale au journal de la mi-journée.
Les services de l’homme fort de la transition ont répondu par l’affirmative «oui tout à fait», aux
interrogations de l’AFP sur l’hypothèse d’une «tentative d’assassinat». Priorisant tout autant cette
piste d’homicide volontaire, le ministre des Affaires religieuses, Mamadou Koné, également présent
sur les lieux a indiqué qu’un «homme a tenté tout de suite dans la grande mosquée de Bamako de
tuer le président de la transition avec un couteau» mais «il a été bien maîtrisé avant de commettre
son forfait».
Jointes par RFI, des sources proches des investigations visant à élucider les circonstances et les
desseins de cet incident ont indiqué que ‘’quelques heures après son arrestation, l’agresseur, très
fatigué, n’avait toujours pas parlé’’. «Il s’est visiblement drogué avant de passer à l’acte». L’heure est
donc à la quête des pièces du puzzle dont l’assemblage permettrait de remonter de fil en aiguille le
donneur d’ordre qui aurait tiré les ficelles dans l’ombre ou les éventuelles motivations de l’auteur de
cette forfaiture.
Charles Assagba
