Prostitution masculine: Une soirée avec un « petit pompier »

par NORDSUD
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Dans le monde de la prostitution, celui des hommes est très peu connu. Communément appelés ‘‘petits pompiers’’, ces prostitués masculins ont un cercle fermé.

Marcel est ce que l’on appelle dans le jargon, un ‘‘petit pompier’’. Dans son monde, la discrétion est primordiale. C’est donc par messages que nous parvenons à l’appâter. En effet, nous nous faisons passer pour l’émissaire d’une ‘‘tante’’ en quête de satisfaction sexuelle. Nous lui avons fait savoir qu’elle mettra le cap sur Abidjan pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN), en 2024. Selon les messages que nous nous sommes échangés, à la faveur de cette grand-messe du football mondial, elle recherche un compagnon sexuel. Sa facture pour ses services au lit sera bien payée et l’aventure durera tout le séjour de la dame en terres ivoiriennes.

Du pain bénit pour le jeune homme qui se laisse appâter. D’autant que nous lui promettons de ne prendre aucune quote-part sur son gain. Cerise sur le gâteau, nul besoin pour Marcel de payer les agences et entremetteurs qui font habituellement office de proxénètes pour les mises en relation moyennant commission. Ce samedi soir, après des échanges fructueux au téléphone, nous nous rencontrons pour la première fois à Angré 8è tranche, autour de 21h, dans un bar. Étudiant, la vingtaine révolue, il est de taille et de corpulence moyennes. Jeans bleu, pull-over rouge, basket blanche. C’est le combo du jeune homme lambda à la hype de la mode. Farouchement opposé d’emblée à cette rencontre, nous l’avons persuadé que la cliente a exigé qu’au préalable, nous le rencontrions pour nous assurer qu’il ne s’agit pas d’une arnaque. Et qu’il a effectivement de l’expérience dans le domaine.

J’adore le sexe 

Peut-être très détendu par notre apparence, Marcel se laisse aller dans la causerie.  « J’aime beaucoup le sexe. J’étais en relation avec des jeunes filles de mon âge. Mais elles n’arrivaient pas à tenir mon rythme parce que j’ai toujours envie de sexe. L’autre problème c’était la taille de mon sexe. Elles disaient généralement que j’avais un trop gros pénis. Cela me frustrait.  J’avais une bonne vieille mère au quartier, je lui ai expliqué l’affaire. Elle m’a conseillé de rentrer dans le mouvement de ‘‘sugar mummy’’.  D’après elle, j’allais non seulement me satisfaire mais aussi gagner de l’argent. J’en ai parlé avec mes camarades de classe et j’ai été surpris d’apprendre qu’eux aussi étaient intéressés par la proposition », explique Marcel.

Sous les décibels des hits en vogue qui montent dans le bar, le « petit pompier » en quête d’aventure continue de nous relater sa vie, devant notre curiosité qui ne lui met pas la puce à l’oreille.

Marcel indique qu’il n’hésite pas à offrir ses services aux hommes. « La première fois que j’ai fait ça pour de l’argent, c’était avec un Européen venu à Abidjan dans le cadre de son travail », relate-t-il, avant d’ajouter : « Avec les hommes, ce n’est pas trop mon truc. Mais j’accepte quand la somme est importante ». Dans le milieu, la fréquentation de certains endroits luxueux, des iconiques complexes hôteliers sur les bords de la lagune Ebrié apportent quasi régulièrement de la clientèle.

Femme mariée 

Quand l’envie lui prend, il part en prospection dans les hôtels. « Une fois, j’ai pris l’ascenseur (ndlr, dans un grand hôtel de la capitale). Il y avait avec moi deux dames. L’une m’a demandé ce que je faisais là. Je lui ai répondu que je partais dans ma chambre. Elle m’a dit que j’étais mignon et a pris mon contact. Plus tard, le soir, elle m’a appelé et m’a demandé de venir dans sa chambre. Une fois là-bas, elle m’a dit être ivoirienne et mariée. Mais que son époux n’arrivait pas à la satisfaire au lit. Du coup, elle m’a dit qu’elle voulait que je lui fasse l’amour. Je lui ai exposé mes conditions et elle a accepté de payer le montant que je lui ai demandé », se souvient-il.

Dans ce secteur, on rencontre la clientèle par le truchement de son cercle fermé ou au petit bonheur de la chance. Des opportunités ponctuelles qui ne peuvent être l’unique source pour un gigolo, à l’entendre.

Il existe donc des mini-agences organisées sous la forme de groupes WhatsApp ou Telegram, avec accès payant. Ces plateformes pourvoient des hommes ou des femmes désireux de rencontrer un jeune homme. « La plupart des responsables de ces groupes, que ce soient des hommes ou des femmes, sont des arnaqueurs. Ils te disent de payer 10.000 FCFA pour accéder à un groupe premium à partir duquel tu auras des clientes. Mais une fois que tu fais le dépôt, tu ne reçois aucun rendez-vous. Il y a quelques plateformes qui sont vrais mais qui prennent de grandes commissions ou qui vous donnent des clients bizarres », indique notre interlocuteur.  Il arrive que dans le milieu les gigolos aient une aventure avec une cougar qui souhaiterait avoir leur exclusivité. « Si elle peut me donner plus que ce que je gagne par mois, il n’y a pas de soucis », signale Marcel. Et, il lui arrive d’être surbooké. « Souvent quand certaines clientes fidèles me contactent et que je suis occupé, je positionne certains de mes amis ».

Sur sa grille tarifaire de free-lance, les montants sont négociables, nous dit-il.  Entre 60 et 80.000 FCFA la nuit. Pour la journée entière, approximativement de 9h à 21h, il la facture autour de 100.000 FCFA. Mais pour gagner autant d’argent, l’hygiène de vie est importante. « Je ne fume pas, je ne me drogue pas. Ce qui m’inspire ce sont les boissons énergisantes ». Pour être apprécié, dit-il, il faut aussi connaître son client. « Quand j’arrive à la résidence ou à l’hôtel, je prends contact avec la personne. J’essaie de savoir si elle a des goûts particuliers. Lors des préliminaires, selon ce qu’elle dit lorsque je touche les différentes parties de son corps, je sais les endroits qui lui font de l’effet et j’insiste là-bas », énumère-t-il. Tout comme on peut s’en douter, c’est une activité que les gigolos mènent à l’insu de leur famille. Après notre échange nous nous assurons de payer le déplacement de Marcel.

Tout comme lui, Abidjan regorge de nombreux Gigolos, aux techniques diverses. Grâce à des sites comme Jedeloo ou des comptent facebook, beaucoup se sont fait un réseau pour satisfaire les femmes qui sont en manque.

Charles Assagba 

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