Routes, ponts: Abobo et Yopougon jugent les travaux de Ouattara

par NORDSUD
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Depuis le début de sa troisième mandature, le chef de l’Etat a lancé de nombreux travaux dans plusieurs communes de la capitale économique. Les deux quartiers les plus peuplés, Abobo et Yopougon, sont également touchés. Que pensent les habitants de ces chantiers ? Reportage.

Abobo-Rond point, ce vendredi 3 juin 2022. Les travaux de l’échangeur ont dénaturé le paysage. Sur les nombreuses déviations qui contournent le chantier occupé par une pelleteuse et des ouvriers en chasubles, piétons et automobilistes se disputent la voie.

Installé au niveau de la Pharmacie de la Mé, Moumine Diakité doit faire avec la poussière. Ce vendeur d’articles divers a assisté au début de ces travaux. «Je vis à Abobo, depuis 20 ans. Je peux dire que c’est la première fois que j’assiste à une véritable transformation de la commune. Depuis le carrefour Samaké jusqu’au rond-point de la mairie, la circulation est devenue fluide. Si l’échangeur s’achève, la fluidité partira jusqu’à Adjamé et jusqu’à Pk18», se réjouit le vendeur, malgré la place de fortune qu’il occupe.  

Bouchons énormes

Plusieurs de ses camarades ont été déguerpis à l’occasion de ces travaux, mais Moumine dit comprendre la situation. «Ça fait longtemps qu’on se plaint du désordre à Abobo. Maintenant qu’on met de l’ordre, il faut accepter de souffrir», relativise-t-il. Tout comme lui, les quelques commerçants rescapés qui proposent encore leurs articles dans les environs sont unanimes sur la côté salutaire de ces travaux. Même si quelques uns, comme Moudachirou Mamadou, chauffeur de wôrô-wôrô sur le tronçon Belleville-Abobo-gare, estime qu’il n’y a pas assez de voies de déviation. Et que cela cause des bouchons énormes. À la mairie, Yves Doumbia, l’un des responsables de la radio Abobo FM, répond qu’il y a 15 km de voies de déviation. «Nous avons déjà sondé la population au cours de plusieurs émissions radio. Les gens sont unanimes que le président de la République travaille énormément pour améliorer  la fluidité, pas seulement à Abobo, mais partout dans le pays. Au niveau d’Abobo, il y a de plus en plus de populations qui ont de l’eau potable et de l’électricité», indique Yves Doumbia.  

Une chance pour nous

Banhoro Ismaël Isaac, fondateur de l’unité d’autodéfense du Dokui-extension abonde dans le même sens. «Il est vrai qu’il y a de l’embouteillage. Mais c’est une chance pour nous. Des voies sont en train d’être désenclavées. Les voies des quartiers Siaka Koné et Marley ont été mises en bon état. On dénonce les embouteillages, mais ces embouteillages nous permettent de voir ce qui se passe à Abidjan. Quand on passe à l’Indenié, par exemple, au niveau de la baie des lagunes, on a le temps d’apprécier ce qui se fait», note Banhoro Ismaël Isaac. Pour Ali Bamba, commerçant, le seul bémol au niveau d’Abobo, ce sont les voies de déviation qui ne sont pas respectées. Il y a aussi l’insécurité, dit-il.  «De Pk18 à Anador, on passe facilement 2 heures de temps en route. La police n’arrive pas à mettre de l’ordre. Au niveau du rond-point, la nuit, on se fait agresser», souligne-t-il.

4ème pont de Yopougon

Un état d’esprit un peu mitigé à Yopougon. À Siporex, ce 3 juin, les bouchons au niveau du carrefour exaspèrent. Contrairement à Abobo, où ce sont les chantiers qui causent l’embouteillage, ici la population pointe du doigt l’indiscipline. C’est notamment le cas d’Apollinaire Boto, gérant de cabine téléphonie, installé au bord de la route. «À Yopougon, on attend la fin des travaux du 4ème pont avec impatience. Ça va apporter beaucoup de soulagement aux populations. Mon oncle travaille au Plateau. Il sort très tôt les matins et rentrent très tard à cause des embouteillages aux heures de pointe», explique-t-il. Avant de poursuivre : «Pour ce qui est des autres communes d’Abidjan, je dirais qu’il y a encore des embouteillages malgré tout ce qui est fait comme travaux. On se demande si les travaux routiers vont changer quelque chose».

Ali Dosso, chauffeur de Gbaka sur le tronçon Liberté-Siporex dénonce lui aussi les bouchons. Mais il dit comprendre la situation. «On nous dit que ce n’est pas la route qu’on mange. C’est grâce à la route que le développement arrive. Aujourd’hui, il y a des embouteillages partout, mais demain nous allons remercier le président de la République pour tout ce qu’il fait», fait-il savoir.

Godeles Gnebihi, président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), section Yopougon, estime lui aussi qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. «Le seul problème aujourd’hui, c’est que beaucoup de travaux ont été lancés à la même période. Ce qui cause d’énormes bouchons. À part cela, on peut dire qu’Abidjan est en plein développement», note-t-il. En attendant la fin des travaux de la voie Siporex-Dabou et ceux du 4ème pont, à Yopougon, on est plutôt partagé entre la souffrance causée par les travaux à Abidjan et leur côté bénéfique.

Raphaël Tanoh

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