Saison des pluies: Voici les zones à risques à Abidjan

par NORDSUD
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(Cet article avait été publié le 25 juin 2021. Actualité oblige, nous le publions pour montrer l’ampleur du problème des zones à risques dans Abidjan). Rédiffusion.

On le sait, pour faire face aux dégâts causés par la saison des pluies, le gouvernement a mis en place un comité interministériel de lutte contre les inondations, dont la coordination est assurée par l’Office national de la protection civile (Onpc). Le comité interministériel comprend, entre autres, les mairies, l’Office national de l’assainissement et du drainage (Onad), la société d’exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologue (Sodexam), le District autonome d’Abidjan. C’est dans le cadre de cette mission que l’Onpc a entrepris une visite des zones à risques à Abidjan, du 12 au 27 mai 2021 et qui a permis d’établir une cartographie des zones dangereuses dans la capitale économique. Le Plateau et Songon ne sont pas pris en compte.

Yopougon

Au niveau de Yopougon, le Marché du quartier Selmer présente des voies bouchées par des ordures. Ce qui occasionne des débordements d’eau qui obstruent les voies de circulation et inondent les habitations et les commerces. À Yao-Séhi Christianiste Céleste et Niangon France-ville ; Banco 2, on note des talwegs ou des ravins à ciel ouvert, mitoyens à des habitations, contenant des ordures et les déchets de tous genres dont ceux de la zone industrielle.

Selon le 4ème adjoint au maire de la commune de Yopougon, Fulbert Edouard Kacou, la commune compte 24 zones à risques.

Bingerville

À Bingerville, les quartiers Blachon, Sicogi 2, Petit Korhogo, les carrefours d’Aghien, GIB, pharmacie Gbagba et les sites du Centre des métiers de l’électricité (CME) et de Paris village présentent plusieurs singularités, selon l’Onpc. Les projets immobiliers qui ont fait naître de nouveaux quartiers n’ont pas tenu compte du réseau d’aménagement collectif et ont construit sans de véritables plans de canalisation. Le flux important d’eau crée des remous à certains endroits, déborde les ouvrages principaux et secondaires et monte jusqu’à inonder les alentours.

Cocody

Du côté de Cocody, dans les cités Jacques Prévert, Synacassi, Terafric, Lauriers 9, 16, 17 et Sicogi, on trouve des habitations anarchiques dans des cuvettes inondables ou sur le flanc des talwegs, des canaux ensablés, l’occupation de servitudes ou encore la construction dans les endroits de dépression réservés au débordement des eaux en cas de crues.

Il a été retenu que des actions imminentes soient prises pour éviter des victimes.

Koumassi

À Koumassi, ce sont les sites de Koumassi camp commando, carrefour Eglise Trinité, Bia Sud, Sotra Industrie et Cité Abri 2000, avec l’occupation et l’encombrement des exutoires, des emprises et des servitudes, tout comme le déversement des déchets dans les caniveaux.

Port-Bouët

Dans la commune de Port-Bouët, ce sont les quartiers d’Amangouakoi (derrière l’aéroport FHB), Benogosso, Adjouffou cartons, Djougouba et Cité Ewing qui inquiètent. Il y a des habitations anarchiques dans les zones non habitables, souvent dans le lit naturel de la lagune et l’absence ou la destruction des ouvrages de drainage.

Selon le comité de lutte contre les inondations, les communes de Koumassi et de Port-Bouët étant situées à la fin du processus d’évacuation des eaux, la conséquence de ces mauvaises pratiques se ressent surtout dans les communes situées en amont où les eaux montent et entrainent plusieurs dégâts dont de nombreuses victimes. Le comité préconise la destruction des constructions anarchiques et le déguerpissement.

Treichville

Cité comme l’une des communes les plus propres, Treichville n’échappe pas cependant aux inondations. Carrefour Restaurant Aboussouan ; le rond-point Sococé à la rue des brasseurs ; le carrefour équipe Gimat en zone 3; la cité Bloc «T» au quartier Belleville et l’avenue Christiani, mitoyen au pont Félix Houphouet-Boigny sont concernés.

Sur ces sites, il a été constaté des avaloirs bouchés, des conduits étroits et l’insuffisance des ouvrages pour l’évacuation des eaux usées et le drainage. Cela entraîne, selon les riverains, des montées d’eaux et l’impossibilité de circuler.

Marcory

La rue du canal en zone 4; le quartier Aliodan et le quartier Marie Koré derrière l’école française Lamartine, sont des zones à risques. Sur ces sites, il y a des espaces aménagés par les populations dont la construction d’un immeuble sur les caniveaux ou le canal principal conduisant à la lagune.

En plus du risque d’inondation avec la saison des pluies, d’après l’Onpc, les populations se sont installées dans les servitudes et ont obstrué le canal d’Anoumabo avec les déchets et les ordures.

Le comité de lutte contre les inondations préconise le déguerpissement de ces populations et de lancer des travaux de curage et de construction d’ouvrages.

Adjamé et Attecoubé

Selon la mairie, Attécoubé compte 10 quartiers précaires avec des constructions anarchiques, des sites recolonisés, des zones d’érosion, des ouvrages d’évacuation.

Ce sont les sites de Locodjro Eglise Harriste, Locodjro Mosquée, Mossikro Santé 3, Nimatoulaye, Attécoubé 3, Kramokoubé, Banco 2 et enfin Attécoubé Moquivoire.

À Adjamé, ce sont les sites des quartiers Adjamé Bracodi (au dos de la station Shell bordant l’autoroute), Adjamé Beyrouth, Adjamé Dubai (mitoyen au Lycée municipal de Williamsville), Adjamé-Williamsville Sonitra et le sous-quartier de Sonitra Colombie qui sont sur la liste noire. Sur ces sites, le constat reste le même qu’à Attécoubé avec la présence de ravins, de constructions anarchiques sous des hautes tensions électriques, des déchets et ordures qui obstruent les ouvrages de drainage.

Abobo et Anyama

Dans la commune d’Abobo, les zones à risques se caractérisent par les réceptacles d’eau ou cuvettes dont les flancs sont habités par les populations, des bassins d’orage, l’absence de canalisations et de voies, la recolonisation de sites déguerpis. Ce sont les quartiers de Kennedy Klouetcha, Carrefour Diallo, Village de Kobakro, Désert Plaque 2 et Banco.

A Anyama, ce sont les sites d’éboulement de l’année 2020 recolonisés par les populations. Le quartier Belleville NSE, N’takpé, Abébroukoi, Pharmacie santé pour tous, Carrefour Dandi sont concernés. L’absence de voirie, du sable charrié par l’eau de ruissellement et la présence de cuvettes occasionnent les inondations.

Raphaël Tanoh

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