L’armée soudanaise dissout le régime civil, arrête les dirigeants politiques et déclare l’état d’urgence.
Les civils avaient multiplié les mises en garde depuis plusieurs semaines «contre un coup d’État» fomenté par les militaires.
Ces derniers jours, la tension était montée entre les camps des civils et des militaires. Le 16 octobre, indique l’AFP, des pro-armée ont planté leurs tentes devant le palais présidentiel où siègent les autorités de transition, partagées entre civils et militaires selon la transition qui devait s’achever en 2023.
En réponse, le 21 octobre, des pro-civils sont descendus par dizaines de milliers dans les rues des différentes villes du pays, dans un joyeux festival pour, disaient-ils, « sauver » leur « révolution ». Depuis, le sit-in des pro-armée a débordé ailleurs dans Khartoum.
Le général Abdel Fattah Burhan, qui dirigeait un conseil conjoint avec les dirigeants civils, a mis en cause les luttes politiques intestines.
Des manifestants sont descendus dans les rues de la capitale, Khartoum, et des coups de feu ont été signalés.
Le Premier ministre Abdallah Hamdok fait partie des personnes qui auraient été assignées à résidence par des soldats non identifiés.
Les dirigeants militaires et civils sont en désaccord depuis que le dirigeant de longue date Omar el-Béchir a été renversé il y a deux ans et qu’un gouvernement de transition a été mis en place.
Depuis l’aube, de nombreux manifestants sont dans les rues de Khartoum alors que les syndicats appellent à de la désobéissance civile. L’armée aurait tiré «à balles réelles » sur des protestataires devant les quartiers généraux de l’armée en fin de matinée, selon le ministère de l’Information.
La communauté internationale se dit inquiète suite au « coup d’État ».
L’Union africaine appelle à une « reprise immédiate » du dialogue entre civils et militaires. « Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, a appris avec une profonde consternation la grave évolution de la situation au Soudan », affirme un communiqué de l’organisation panafricaine, en appelant à « la reprise immédiate des consultations entre civils et militaires » qui se partagent le pouvoir depuis 2019.
Les arrestations des dirigeants civils au Soudan sont « inacceptables », a estimé l’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes, se disant « très inquiet des informations sur un coup d’État ».
Bakayoko Youssouf
