Suspension de l’exportation du riz et du sucre : Les industriels sous la menace…

par NORDSUD
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Le gouvernement vient d’annoncer la suspension à titre conservatoire de l’exportation du riz local et du sucre, pour la période allant du 18 septembre au 31 décembre 2023. Une mesure conjointement signée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, Souleymane Diarrassouba, de son homologue du Budget et du Portefeuille de l’État, Moussa Sanogo ainsi que du ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobenan Kouassi Adjoumani.

Après le plafonnement du prix du riz, ce mécanisme vise à empêcher la commercialisation du riz produit en Côte d’Ivoire vers les pays extérieurs. Cette ébauche de solution vise à juguler la conjoncture commerciale avec les principaux pays importateurs de la Côte d’Ivoire, en l’occurrence, le Pakistan et l’Inde. Ce concours de circonstance entraine de fait, la raréfaction du riz sur le marché et l’augmentation du prix de cette denrée de grande consommation. En guise de solution, le gouvernement resserre donc l’étau sur la production locale pour les 4 derniers mois de l’année. « Tout manquement à cette disposition d’exportation du riz local sous toutes ses formes ainsi que du sucre sous toutes ses formes est passible de sanctions prévues par la loi relative à la concurrence », prévient la note. A en croire le président de la Coalition nationale des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire (Cnoc-CI), ce levier d’embargo actionné par l’Etat arrive à point nommé. « Dans nos villes frontalières, le riz sort. C’est quelque chose qui ne nous suffit pas, comment on peut l’exporter ? », s’insurge Soumahoro Ben N’faly. Et le président du Cnoc-CI d’ajouter : « Nous aurons bientôt une réunion avec l’Aderiz par rapport à l’objectif de l’autosuffisance. Nous avons la chance d’avoir 31 régions qui peuvent produire du riz, il faut donc encourager les jeunes à retourner à la terre, surtout dans le riz. Nous avons des formateurs qui pourront les former afin que la production de riz soit boostée », souligne-t-il.

Sucre

Relativement au sucre, le porte-étendard des consommateurs souligne que la zone de production de canne à sucre par excellence, Ferkessédougou, est une localité qui sert aisément de pôle de transit vers des pays voisins, du fait de sa proximité géographique avec le Burkina Faso et le Mali. La porosité des frontières est de fait, un facteur amplificateur de cette situation. Le défenseur des consommateurs applaudit donc des deux mains cette mesure forte du gouvernement en vue de satisfaire prioritairement les besoins de la population ivoirienne. En outre, Soumahoro Ben N’fally soutient qu’une cabale est orchestrée par les industriels qui tireraient les ficelles dans l’ombre pour augmenter le prix du sucre sur fond de la loi de l’offre et de la demande. « Quand on va dans les boutiques, on dit qu’il n’y a pas de sucre, alors que dans les grands entrepôts, il y a beaucoup de sucre. Ils créent une pénurie artificielle pour pouvoir augmenter les prix», explique-t-il tout courroucé. Piqué au vif par cette politique commerciale dont les consommateurs paient le lourd tribut, le président de la Cnoc-CI a donné un ultimatum aux industriels. « On leur donne jusqu’à vendredi, si le sucre vient encore à manquer dans les boutiques, on va demander au gouvernement d’autoriser l’importation et on va inonder le marché avec le sucre importé », menace-t-il.

Charles Assagba

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