Cette année encore, les fidèles musulmans devront mettre la main à la poche pour sacrifier leur mouton à l’occasion de la fête de la Tabaski. En cause : une conjoncture défavorable et une dépendance toujours forte vis-à-vis des pays voisins.
Une flambée des prix constatée sur tout le territoire
Mourlaye Bamba a acheté son mouton de la tabaski à 350 000 FCFA. Un bélier moyen qu’il aurait normalement payé il y a quelques années à 200 000 FCFA.
« Les prix ont flambé sur le marché. Cela fait longtemps que nous n’avons pas connu une telle augmentation », relate le commerçant d’articles divers à nordsud.info, ce lundi.
Ceux qui croyaient que se précipiter sur les premières bêtes leur garantirait des prix abordables se sont donc trompés.
« Les mêmes moutons qu’on achetait à 150 000 FCFA l’année dernière sont vendus à 250 000 FCFA », déplore Diarra Fousséni, qui dit avoir revu tout son budget de la tabaski à la hausse, parce qu’il achète aussi des moutons pour la famille. Après la fête, il faudra serrer la ceinture.
Autosuffisance
Cette situation n’échappe pas aux associations de consommateurs. Soumahoro Ben N’Faly, président de la Fédération nationale des organisations des consommateurs de Côte d’Ivoire (FNO-CI), se réjouit néanmoins du bon approvisionnement du marché.
« Les moutons sont là en quantité. Ce que nous déplorons, c’est la panique que certains installent dans la tête des Ivoiriens, avec la situation des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) », a relevé M. Soumahoro.
D’après Aboudramane Diarra, membre de l’Union des bouviers de Côte d’Ivoire, c’est surtout cette situation des pays de l’AES qui touche le marché ivoirien.
« Il est plus dur pour nous aujourd’hui de faire entrer des bêtes en Côte d’Ivoire. Le Niger a pris un décret cette année pour empêcher l’importation de ses moutons pendant la tabaski, parce que la production est faible. Seuls le Burkina et le Nigéria arrivent à nous fournir », explique le bouvier.
C’est ce contexte, selon lui, qui fait que les prix ont flambé.
« Les prix varient entre 150 000 et 500 000 FCFA. Il n’y a pas de mouton de moins de 100 000 FCFA cette année », ajoute Aboudramane Diarra.
Une dépendance persistante
Pour l’acteur, la Côte d’Ivoire est piégée par cette dépendance vis-à-vis des pays voisins. Et tant que les Ivoiriens ne s’auto-suffiront pas en bétail, tout comme cela a marché pour la volaille, cette situation perdurera.
Raphaël Tanoh
