Téléphone Rose : La réaction du ministère de la Femme

par NORDSUD
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« On sait qu’il y a des réseaux de prostitutions sur Internet mais on ne s’imaginait pas qu’il existait le téléphone rose à Abidjan ». C’est sur ces mots que la Directrice de la Promotion du genre et de la promotion de l’équité au ministère de la Femme embouche la trompette sur le sujet. De son œil de mère, Tanoh Florence a un regard amer sur une éducation qui n’aura pas porté ses fruits. « En tant que mère, je suis choquée parce que lorsqu’on met ses filles à l’école on s’attend à ce qu’elles exercent un métier digne. En tant que mère, c’est le sentiment d’échec.  Il y a un vrai problème d’éducation en Côte d’Ivoire et surtout le problème des mères. C’est à cause d’un problème d’éducation que les mères donnent naissance à des filles qui ont cette légèreté », a indiqué Tanoh Florence, lorsque nous l’avons rencontrée ce vendredi à son bureau. Revêtant son costume institutionnel, la directrice signale que cette situation résulte de la crédulité d’autres entités étatiques. « Il faut que chacun joue sa partition. On ne doit pas donner un agrément à une structure sans le contrôle. Vu que les contrôleurs donnent les dates auxquelles ils viendront dans les entreprises, ce jour tout se passe bien. Le CEPICI et l’inspection du travail se sont fait duper. Il faut faire un travail de synergie, peut être, des visites inopinées. Parce que la Ministre part souvent dans les endroits où on ne les attend pas. Aujourd’hui nous nous rendons compte qu’il y a ce commerce illicite, honteux, nous allons prendre notre bâton de pèlerin », prévient-elle.   Avant d’ajouter : « Il y a un vide juridique mais il y a une loi sur le travail décent sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Un travail n’est pas décent lorsqu’il est avilissant. Cette façon de travailler, ces manières d’exciter votre interlocuteur qui est à des kilomètres, c’est indécent. C’est de la prostitution en ligne, c’est condamnable ».

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Cybercriminels

Relativement aux relents cybercriminels de l’activité, son verdict est sans appel : « C’est comme les brouteurs. Ils doivent être poursuivis pour cybercriminalité aussi. Ce n’est pas le travail qui manque ». Tanoh Florence ajoute que des mesures seront prises. « Après nos échanges, je verrai avec la ministre quel combat on peut mener. On discutera avec le CEPICI et l’inspection du travail. Parce que ce n’est pas un travail décent, il y a une loi sur le travail décent. Nous allons faire des enquêtes en partenariat avec le ministère de la Justice, le CEPICI etc…Il faut une coordination. Les législateurs devront analyser à l’aune du travail décent. Ceux qui donnent les agréments doivent analyser la conformité de ce qu’ils disent et de ce qu’ils font. Et nous prendrons en compte le volet des mœurs et de la dimension féminine donc du genre ».  Dans un élan de promotion des droits de la femme, le débat pourrait enfler sur une légalisation concernant cette activité d’autant que des phénomènes à l’instar de la prostitution ne sont aucunement frappés d’interdiction légale. « On va attendre le débat étant donné que ce sera une rencontre multisectoriel. Je connais les valeurs de la ministre et je sais qu’elle portera le manteau de la défense de la dignité de la femme et nous allons vérifier la véracité de l’affaire en vue de mieux l’adresser », informe Mme Tanoh.

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Charles Assagba 

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