Zones à risques: Quand le facteur humain bloque tout

par NORDSUD
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À l’occasion de la fête de l’indépendance, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a appelé les populations installées dans les zones à risques à une prise de conscience. Lors de la dernière opération de déguerpissement des sites dangereux, environ 55 zones étaient concernées. Mais tout le monde n’a pas été déguerpi.

Pour des raisons humanitaires, le ministère de l’Hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité a assoupli quelques règles. Initialement, les maisons se situant à 100 mètres des flancs de colline devaient être démolies. Mais, les autorités ont finalement décidé de ramener cette distance à 30 mètres, pour épargner certaines familles.

À Abobo, par exemple, les familles délogées étaient si pauvres qu’elles ne savaient pas où aller. Elles ont bénéficié pendant un moment du soutien logistique et financier du ministère. «Nous avons finalement déguerpi ceux qui étaient le plus dans des situations à risques», explique un proche collaborateur du ministre.

Le volet humanitaire a une fois de plus pris le dessus, selon notre interlocuteur. Et le déguerpissement n’a pas été étendu. Une décision bien accueillie à Mossikro. «C’est difficile pour les gens qui vivent ici. Ils restent sourds aux appels. Si on leur laisse le choix, ils ne bougent pas», reconnaît Gaoussou Drabo, l’un des responsables du quartier chargé des questions de salubrité, en collaboration avec la mairie d’Attécoubé. L’esprit citoyen que réclame le chef de l’Etat de la part de ces populations, selon lui, est absent quand il s’agit de plier bagages.

D’après le chef de l’Etat, des instructions ont été données au gouvernement à l’effet d’accélérer la mise en œuvre des grands projets d’assainissement qui permettront de réduire les risques d’inondations et d’éboulements.

Mais la solution définitive contre les zones à risques, selon M. Drabo, c’est le logement. Car, dit-il, même s’il est étendu, le volet assainissement ne peut atteindre des zones comme Mossikro, très accidentées, ou même Banco 2. «Quand les gens commenceront à se loger à moindre coût, ils quitteront d’eux-mêmes ces quartiers», indique-t-il.

En attendant, il faut espérer que la petite saison des pluies située à la fin de l’année soit clémente.

Raphaël Tanoh

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