2 ans pour la transition au Mali: La junte envoie un signal à la Cedeao

par nordsud.info
Publié: Dernière mise à jour le 40 vues

Une élection pour le retour d’un président démocratiquement élu au Mali en mars 2024 ? C’est du moins, le deadline que se donne la junte malienne suite à la signature, ce 6 juin, d’un décret fixant la durée de la période transition à deux années.

La junte malienne tourne casaque. «La durée de la transition est fixée à 24 mois, pour compter du 26 mars 2022». Estampillé du sceau du président de la transition, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, ce décret qui précise la durée de la période de transition a été lu à la télévision nationale, ce lundi.  Comparativement au précédent agenda proposé par les putschistes maliens, ce nouveau calendrier marque un retournement de veste. En effet, leur proposition initiale d’une transition de 5 ans avait suscité le courroux et un embargo économique de la Cedeao en janvier 2022. Campant sur sa position, l’organisation ouest-africaine a mis sur la table une proposition de 16 à 18 mois à compter de mars 2022. 24 heures après le dernier sommet de la Cedeao qui a maintenu le train de sanctions infligé à Bamako, la junte au pouvoir a manifestement changé son fusil d’épaule sur la durée de la transition avec l’adoption de ce nouveau chronogramme de 24 mois. L’exécutif malien entend ainsi faire bouger les lignes en faveur d’une levée des lourdes sanctions économiques.

La Cedeao entre le marteau et l’enclume. Par cette baisse drastique de la période de transition qui passe de cinq à deux ans, la junte malienne tend la main. Certes, mais, le laps de temps proposé par le régime malien demeure supérieur à la recommandation de 16 à 18 mois formulée par la Cedeao.

La réponse de la Cedeao ne s’est pas fait attendre. 24 heures plus tard, l’organisation ouest-africaine a indiqué dans un communiqué avoir «pris acte» de cette décision. L’instance a laissé entendre que la publication de ce chronogramme des putschistes maliens rame à contre-courant des tractations qui se poursuivent en vue de trouver un terrain d’entente sur l’épineuse question. Mise devant le fait accompli, la Cedeao dit regretter en effet que «cette décision ait été prise à un moment où les négociations se déroulent encore, en vue de parvenir à un consensus». L’organisation s’alignera-t-elle néanmoins sur cette proposition du régime militaire malien ? Le flou demeure épais. Manifestement prise de court par ce décret de la junte, la Cedeao entend jouer la carte du dialogue. «Le médiateur de la Cedeao poursuivra les échanges avec les Autorités du Mali, en vue de parvenir à un chronogramme mutuellement acceptable de transition, permettant d’assurer un soutien de la Cedeao». Si dans la forme, les indicateurs demeurent au rouge consécutivement de la décision unilatérale de la junte, dans le fond, ce calendrier qui passe de 5 ans à 24 mois se rapproche du désidérata de la Cedeao qui préconise un agenda de 16 à 8 mois. In fine, les deux parties accorderont-elles leurs violons en vue d’un allègement du paquet de sanctions qui pèse sur le peuple malien ? Réponse officielle, le 3 juillet, au cours du prochain sommet de la Cedeao.

Charles Assagba

Articles similaires

Laissez un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?
error:

Le site Web nordsud utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00