Commentant la décision de sa radiation de la liste électorale en vertu de l’article 48 du Code de la nationalité, le président du PDCI, Tidjane Thiam, avait souligné que l’application de cet article remettait par ricochet en cause la validité de la CAN 2025. « Si cet article de loi était connu et appliqué, une grande partie des hauts magistrats ivoiriens se retrouverait dans la même situation que moi et toutes les décisions prises par ces juges seraient illégales et devraient être annulées. Il faudrait aussi rendre la Coupe d’Afrique des Nations gagnée en 2024 parce que la moitié de l’équipe nationale est dans la même situation que moi ! Tout cela n’a aucun sens », avait-il déploré dans les colonnes du tabloïd français Le Monde.
En guise de réponse, le ministre de la Communication a tapé du poing sur la table, ce mercredi en marge du conseil des ministres. « Je trouve que c’est ridicule, c’est puéril, c’est enfantin et c’est même affligeant… Nous avons vibré avec nos Éléphants, la Coupe est à nous. Je n’ai pas d’autres commentaires, c’est une équipe ivoirienne qui l’a remportée », a répondu Amadou Coulibaly, le porte-parole du gouvernement, lors de la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien a en effet éludé le lien juridique entre la situation de Thiam et celle des binationaux de l’équipe ivoirienne. « Notre coupe, notre CAN, qui a rassemblé tous les Ivoiriens, tous les habitants de la Côte d’Ivoire ; une CAN si durement acquise, avec toutes les traversées d’émotions que nous avons connues », a-t-il décrit.
Également interrogé sur une autre question à polémique, sur la destination des ponctions opérées sur les salaires des enseignants grévistes, le ministre de la Communication ne s’est pas dérobé. Cette question posée par le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a trouvé réponse de la part d’Amadou Coulibaly. « Ce monsieur est maire, il exécute un budget. Quand il a la chance de ne pas effectuer certaines dépenses, ça rentre dans son budget et ça peut être affecté à d’autres dépenses. (…) Mais au-delà de cela, il faut parfois qu’on arrête de penser que l’État peut tout prendre en charge et décider de façon artificielle de lui créer des dépenses », a rembarré le porte-parole du gouvernement.
« Quand on lance une grève de cette nature, l’État, qui est en droit d’assurer la quiétude, est obligé de mobiliser les forces de défense et de sécurité. On mobilise la police, et cela a un coût, parce que ce n’était pas prévu. On mobilise la gendarmerie, ça a un coût qui n’était pas prévu. On mobilise l’administration territoriale, qui a un coût qui n’était pas prévu. Les directeurs régionaux de l’Éducation nationale font plus de tours qu’ils en auraient fait dans une programmation normale. C’est aussi des dépenses supplémentaires. Il faut bien que quelqu’un paye », a-t-il précisé. Amadou Coulibaly a par ailleurs critiqué le sens de l’interrogation du parlementaire.
« C’est bien pour ceux qui ne savent pas comment se construit et s’exécute un budget, mais tous les gens sérieux et les sachants savent que cette question n’a aucun sens. Je pense que c’est une forme de populisme qui n’a pas de sens », a déploré le porte-parole du gouvernement.
Charles Assagba
