11 sur 11. Carton plein pour l’Assemblée nationale. En ligne de mire de la première session extraordinaire de l’institution pour l’année 2022 (du 17 janvier au 10 février), figurait en effet : l’examen de 11 projets de lois émanant du président de la République. La cérémonie de clôture de ladite session, tenue ce mercredi, sous le magistère du président intérimaire, Adama Bictogo, a été jalonnée par l’adoption de 5 projets de loi. Portant ainsi à 11, conformément au désidérata du chef de l’Etat, le nombre de projets de loi entérinés par le blanc-seing de la majorité des parlementaires ivoiriens. Faisant d’une pierre deux coups, le numéro deux de l’hémicycle a traduit son satisfécit relativement à cette mission accomplie tout en réitérant des vœux de recouvrement de santé au président, Amadou Soumahoro dont il assure l’intérim.
Trois projets de lois adoptés à l’unanimité. Sur la liste des 5 projets de lois sur la table, ce 10 février, les députés ivoiriens ont accordé leurs violons à l’unanimité sur 3 sujets. Le projet de loi organique déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, le projet de loi organique fixant les attributions, l’organisation et le fonctionnement du médiateur de la République et le projet de loi portant statut de la Magistrature.
Deux projets de lois entérinés à la majorité en dépit des bisbilles. Le chorus sur les trois projets de loi susmentionnés a laissé place à de houleux débats relativement aux deux autres sujets. Notamment : Le projet de loi organique déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel ; Le projet de loi portant ratification de l’ordonnance n° 2021- 755 du 1er décembre 2021 portant modification de la loi organique n° 2018-867 du 19 novembre 2018 déterminant la composition et le fonctionnement du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). La pomme de discorde sur ces projets de lois entre les députés des différentes chapelles politiques représentées à chambre basse du parlement a défrayé la chronique. La presse en a fait ses choux gras. Au bout du compte, les 86 voix des parlementaires qui étaient vent debout contre le nouveau projet de loi planchant sur le Conseil constitutionnel se sont avérés insuffisantes face aux «134 voix pour» et aux «2 abstentions». Bis repetita pour le projet de loi relatif au Cesec qui a, in fine, fait florès. La majorité représentée par «137 voix pour» a valu son pesant d’or dans la balance face aux «82 voix contre» et aux «2 abstentions». Trois cartes blanches à l’unanimité et deux feux verts à la majorité ont donc meublé le clap de fin de la première session extraordinaire.
Adama Bictogo prie pour Amadou Soumahoro. «Nous avons toujours su dépasser nos intérêts personnels nonobstant nos points de vue politiques, et avancer ensemble depuis quelques jours, quelques mois. Même s’il y a eu aujourd’hui des divergences, ces divergences se sont conçues dans la fraternité, la courtoisie. Je voudrais donc, humblement, non seulement nous féliciter, mais surtout vous témoigner toute ma reconnaissance pour cet engagement caractérisé par l’assiduité de l’ensemble des députés. Nous avons enregistré un taux de plus de 95% de présence depuis le mois de novembre. (…) Je voudrais qu’ensemble nous soyons en union de prière pour le président Amadou Soumahoro et que Dieu soit au rendez-vous de la médecine pour qu’il revienne le plus tôt possible parmi nous. (…)», a noté en substance, le président intérimaire de la chambre basse du parlement au cours de son allocution.
Charles Assagba
