Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se réuniront virtuellement ce vendredi 28 janvier à partir de 10 heures pour un sommet extraordinaire sur la situation au Burkina Faso. Selon nos sources à Ouaga, la junte compte envoyer un émissaire à Accra au Ghana auprès du président de la Cedeao, Nana Akufo-Addo, pour éventuellement répondre aux questions des chefs d’Etat. Les mêmes informateurs ajoutent que le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, patron de la junte, se mettra lui-même également dans les conditions techniques et technologiques pour participer à la conférence virtuelle depuis Ouaga, si besoin. Ce sommet extraordinaire de la Cedeao vise à examiner la situation au Burkina Faso marquée par un coup d’Etat qui a renversé le régime de Roch Marc Christian Kaboré lundi 24 janvier 2022. Dans un communiqué publié le 25 janvier, après avoir condamné le coup d’Etat au Burkina Faso, la Cedeao a indiqué que la démission du Président Roch Marc Christian Kaboré a été obtenue « sous la menace, l’intimidation et la pression des militaires après deux jours de mutinerie ». L’organisation sous-régionale a qualifié le coup de force du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (Mpsr) de véritable «recul démocratique» pour le Burkina. Il faut donc s’attendre à ce la Cedeao sorte la bâton les nouveaux maîtres de Ouaga. Selon nos sources, après de nouvelles condamnations conformément aux principes de l’organisation, des menaces de sanctions seront brandies pour faire pression sur la junte militaire pour qu’elle envisage un retour à l’ordre constitutionnel dans «un délai raisonnable». Les chefs d’Etat vont également évoquer le cas de l’ancien président déchu dont on est sans nouvelles depuis le lundi dernier ainsi que les autres personnalités du régime qui ont été interpellées dans la foulée. Cependant, la junte au pouvoir a annoncé, mardi 25 janvier, la réouverture des frontières aériennes à compter de ce mardi. Tout en indiquant que la fermeture des frontières terrestres a été allégée. Selon les militaires, elle ne concerne pas les véhicules et camions humanitaires, ceux transportant les produits et denrées de première nécessité et les produits et équipements destinés aux forces de défense et de sécurité.
Bakayoko Youssouf
