Diégonéfla-Ouragahio : Les taxis-motos font recette

par NORDSUD
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Une activité bien lucrative. Le métier de chauffeur de taxis-motos, il faut le dire, nourrit son homme. Le coût du transport est fixé en fonction de la distance à parcourir. De Laouda, localité de la commune de Diégonéfla, jusqu’à Zikisso, dans le département de Lakota, le voyageur débourse la somme de 1500 francs. «En dehors du chauffeur, nous faisons monter deux clients. Ce qui revient à 3000 francs par voyage», nous renseigne Sato Mongoua Martin. Il est moins prolixe quand il s’agit de donner une estimation de ce qui rentre dans leurs poches chaque soir.

«Je ne peux pas avancer de chiffres sur le gain quotidien, parce que ça varie d’une période à une autre. On gagne plus pendant les fêtes et les week-ends où il y a des funérailles. Imaginez-vous même la recette», fait-il savoir le «barbu», comme on l’appelle dans le milieu du transport à Diégonéfla. Contrairement à lui, ses collègues de Ouragahio ne veulent rien cacher. Ici, l’un des chauffeurs nous apprend que journellement, il verse 3000 francs au propriétaire de la moto, conformément au contrat qui lie les deux parties. 

Les gains

«Après le versement, la différence de la recette me revient. Ça peut être 2000 francs ou 3000 francs et même plus parfois. Mais il y a aussi des jours où je gagne moins», détaille Ozigré Luc. Avec son moyen de transport, il rallie Ouragahio et des villages tels que Siégoukou, Broudoumé Yopohué ou Biakou, selon la destination du passager. Le transporteur encaisse 300 pour les deux premiers villages, 500 francs pour le troisième village, contre 1000 francs pour le dernier village.

Plusieurs chauffeurs de taxi-motos exerçant dans la localité de Diégonéfla, dans le département d’Oumé, sont en difficulté. «Nous sommes traqués par la gendarmerie nationale», nous a informé, ce dimanche Sato Mongoua Martin, chef de gare.

Les soucis avec la gendarmerie

C’est en 2012 qu’il a créé une ligne de transport, pour répondre à la forte demande des voyageurs du tronçon Lahouda-Zikisso. Il explique que la difficulté avec les hommes en tenue se situe au niveau de la non-détention de permis de conduire par certains de ses collègues chauffeurs. «Nous sommes au nombre de 80 taxi-motos qui faisons la ligne. Mais seulement 10 d’entre nous ont le permis de conduire», confesse le responsable des engins à deux roues. «C’est vrai qu’il est interdit de conduire sans ce document. C’est pourquoi nous plaidons auprès des autorités compétentes pour nous aider à nous mettre en règle, vis-à-vis du code de la route», supplie Mongoua Martin. Il souhaite que les pouvoirs publics mettent à leur disposition un projet de permis de conduire. «Nous ne demandons pas la gratuité. Nous suggérons que, dans ce projet, les permis soient subventionnés. Ce qui nous permettra de l’obtenir à un coût supportable pour nos maigres moyens», propose-t-il.

Quelques années auparavant, se souvient Martin, une telle mesure avait été prise en faveur de150 jeunes du secteur des taxi-motos. «Aujourd’hui, certains sont devenus des chauffeurs de taxi communaux, d’autres, des chauffeurs de Massa et Gbaka», se félicite le chef de gare. Quant à la question du port du casque, notre interlocuteur reste formel sur le fait que ses collègues et lui respectent scrupuleusement cette disposition du code de la route. C’est le fruit d’une campagne de sensibilisation ardue, dira-t-il. Poursuivant, Martin fait remarquer que cette activité de chauffeur de taxi-motos a tiré de nombreux jeunes de la localité du chômage, en les rendant autonomes.

Il reconnaît cependant que les forces de l’ordre, par moments, leur mène la vie dure. Pas à tort, mais à raison. «Nous n’avons rien contre ces chauffeurs-là. On leur demande simplement d’être en règle», informe une source policière, qui note que pendant les contrôles de routine, nombreux sont les travailleurs de ce secteur qui n’ont pas de permis, pas d’assurance, ni de plaque d’immatriculation, et autres documents afférents à la moto.

Lyne Zahui, correspondante régionale

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