La rentrée scolaire a eu lieu ce lundi 8 septembre 2025. Mais, les parents ne se sont pas bousculés ce premier jour.
Groupe scolaire BAD, Plateau-Dokui. Dans la grande cour un peu clairsemée, cet après-midi, une poignée de personnes déambulent, ce 8 septembre. Parmi les parents qui ont fait le déplacement, Fousséni Diakité est venu inscrire son fils en classe de CE1. La ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation a pourtant laissé deux semaines pour effectuer cette opération, afin que ce 8 septembre soit consacré aux cours. Toutefois, M. Diakité est resté fidèle à lui-même. « L’année dernière, je suis venu l’inscrire le second jour. Donc, cette année, j’ai été plus rapide », explique-t-il. S’il dit n’avoir pas tenu compte des élections, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Le matin, il y avait un peu plus de monde, selon le personnel. Mais, c’était plutôt une affluence mitigée. Et c’est toute la zone qui est concernée.
Ambiance différente
Le lycée Mahou et le groupe scolaire Colombe-Azur, ont vu parents et élèves arriver au compte-goutte. Au Lycée classique d’Abidjan par contre, l’affluence était normale. Idem au Lycée moderne de Cocody. « On sent que beaucoup de personnes sont restées à la maison. Cependant, d’habitude, ces premières journées sont timides. Pour savoir si la rentrée sera véritablement perturbée, il faut attendre la semaine prochaine », indique Jerôme Ourizalé, ex-enseignant, leaders syndicalistes qui indique avoir sillonné quelques établissements ce lundi à Yopougon, dans le cadre du Syndicat autonome des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (Saeppci). Et Ourizalé d’ajouter : « on sent tout de même que l’ambiance n’est pas la même, avec les autres années, à cause de la présidentielle ».
Baromètre
Il était avec d’autres enseignants le 20 août dernier a une réunion avec la tutelle. « L’école est un baromètre de la stabilité sociale. Certains enseignants sont des acteurs politiques. Il y a toujours des situations qu’on ne peut pas maitriser. Que ce soit à l’opposition ou au pouvoir, chaque parti actionnera ses enseignants, si jamais une grève survient. La ministre nous a appelé au calme », fait-il savoir. Pour lui, les acteurs ont accepté ce calme et l’école ne sera pas perturbée.
Kadio Claude, président de l’Organisation des parents d’élèves et d’étudiants de Côte d’Ivoire (Opeeci), lui, estime que les parents vont encore traîner les pieds. « Beaucoup sont venus inscrire leurs enfants ce lundi pour disparaître et ne revenir qu’en octobre », explique-t-il.
Georges Dagou
