Dossier / Élection, reversement des salaires ponctionnés, primes… : les grosses attentes des travailleurs

par nordsud.info
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Les travailleurs attendent beaucoup de ce 1er mai.

Comme chaque année, la fête du travail est l’occasion de faire le bilan des acquis et des attentes chez les salariés. Mais cette fois-ci, la donne semble différente.

Ce jeudi, c’est le Premier ministre Robert Beugré Mambé qui présidera la fête du travail, à la Primature. Un évènement qui succède cette année à une période de grève et à l’ouverture d’un cadre de dialogue entre les fonctionnaires et l’État. Ce 1er mai arrive donc pour beaucoup comme la solution à leurs préoccupations. Notamment la prime exigée par tous les salariés de l’administration publique. « Même les travailleurs du Trésor, de la Douane et des Impôts ont émis des revendications, pendant l’atelier de Grand-Bassam. Réunis au sein du personnel des services financiers, ils ont soulevé un tollé de protestations dans la salle en venant exposer leurs doléances devant la ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration », explique Dr Frédérique Mobio, secrétaire général exécutif du Mouvement pour la recherche et l’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire (MORECI).

INDEMNITES DE LOGEMENTS

Cette année est spéciale pour lui, parce que toutes les faitières voient une opportunité pour obtenir ce qu’elles veulent. Les primes, la revalorisation des indemnités de logements, de l’indice référentiel de base, de la grille salariale, etc. Les retraités ne sont pas en reste. « Nous avons été des travailleurs et nous sommes affiliés à la Centrale syndicale humanisme (CSH). Mais nos arriérés relatifs aux avancements indiciaires, ne sont pas mis en avant pendant les prises de paroles des responsables syndicaux », regrette Bertin Konan, président du Collectif des fonctionnaires retraités après trente années de service (COFRETAS) et aussi président de la Fédération des associations de fonctionnaires et agents de l’Etat à la retraite de Côte d’Ivoire (FARECI).

À lire aussi: Kadio Claude (OPEECI): « Pourquoi les enseignants n’aiment plus leur métier »

DE GRANDES ANNONCES

On s’attend donc à de grandes annonces ce 1e mai. « C’est la fête des travailleurs, il faut les soulager. Nous voulons que les gens tiennent leurs engagement », suggère Jean-Yves Abonga, président de la centrale Intersyndicale des travailleurs de Côte d’Ivoire (ITCI). Pour Johnson Kwassi Zamina, ancien porte-parole des enseignants-chercheurs, c’est un tournant. « Depuis 2019, ils nous ont coupés 15 mois de salaires. 11 enseignants-chercheurs sont concernés. Juridiquement, nous ne voyons pas la faute que nous avons commise. Ces salaires doivent être reversés », fait-il savoir. Sylla Vazoumana, porte-parole de la Coordination des syndicats du secteur santé (Coordisanté), estime qu’il est temps de récompenser leur patience. « Depuis 2023, nous attendons que des décrets d’application concernant la réforme hospitalière soient pris. C’est le moment », appelle M. Sylla. Mais les choses ne sont pas si simples.

LES ACQUIS

« Que les travailleurs n’oublient pas ce que le gouvernement a fait pour eux », rappelle un proche collaborateur de la ministre Anne-Désirée Ouloto. Il cite le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) qui est passé à 75 000 FCFA, depuis le 23 novembre 2022. Il y a eu la revalorisation de l’allocation familiale, des indemnités de transport et de logement. Sans oublier, le 13ème mois, la prime spéciale des retraités. Du jamais-vu en Côte d’Ivoire. Le déblocage des avancements indiciaires au profit de l’ensemble des fonctionnaires en 2014 et 2015 a surtout été l’un des points forts. Soit un effort financier exceptionnel annuel de 126,5 milliards de FCFA. Une revalorisation de 400 points d’indice a été accordée aux cadres supérieurs de la santé, et 150 points d’indice au personnel technique de la santé, pour un montant annuel de 15 milliards de FCFA. À noter aussi la revalorisation de 150 ou 100 points d’indice au profit des fonctionnaires de certains emplois techniques et scientifiques. Le gouvernement a aussi repris des avancements automatiques de chaque fonctionnaire, tous les deux ans. La promotion, depuis 2014, des fonctionnaires des grades A4, A5 et A6 aux grades supérieurs, est un autre point de satisfaction. Dès 2011, le gouvernement a acté une grille salariale particulière au profit des médecins. Il en est de même pour les membres du corps diplomatique. Auxquels s’ajoutent les paiements des bonifications indiciaires pour 21 milliards de FCFA et du stock des arriérés dans l’ordre de 249 milliards de FCFA. Enorme ! Mais, pas suffisant, pour les fonctionnaires.

Raphaël Tanoh

Ils disent…

« Respecter les engagements déjà pris… »

« Cette commémoration du 1er mai va se dérouler autour d’une tension qui ne s’est pas encore calmée. Pour l’ITI, les préoccupations des travailleurs, surtout ceux du public, doivent être prises en compte. Nous appelons les gens à respecter les engagements déjà pris. Il faut que l’ensemble des ministères qui n’ont pas de primes, en aient. Dans le privé, nous demandons la revalorisation du Smag et du Smig. L’Etat doit également formaliser le secteur privé qui baigne dans l’informel et qui a besoin d’être organisé ».

Jean-Yves Abonga (ITCI)


« Un scrutin sécurisé »

« Cette année, nous avons un slogan au plan international : les peuples aspirent à la paix et à la prospérité, non à la guerre et à la misère. Au plan national, la CSE lance un appel au gouvernement pour qu’il prenne des mesures pour un scrutin sécurisé. Au plan social, la CSE plaide pour que le gouvernement entende le cri du cœur des travailleurs ».

Pacôme Attaby (Confédération Syndicale Espoir-Côte d’Ivoire)


« L’indemnité de suggestion sanitaire »

« Nos attentes pour ce 1er mai, sont l’indemnité de suggestion sanitaire. Nous espérons que le Premier ministre dira un mot dessus. Nous attendons aussi une prime de garde et d’astreinte. Depuis 2023, nous avons bouclé les calculs ».

Sylla Vazoumana (Coordisanté)


« Seul le chef de l’Etat peut régler ces problèmes »

« On aurait préféré que ce soit le président de la République qui préside ce 1er mai. Chaque fois qu’il est là, il fait de grandes annonces. Ce sera probablement en août que nous aurons des réponses. La ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique a déposé les résolutions sur la table du Premier ministre. Mais seul le chef de l’Etat peut régler nos problèmes ».

Dr Frédérique Mobio (MORECI)

Propos recueillis par RT

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